Le ministre David Amiel en Guyane pour "le lancement d'un choc capacitaire sans précédent"
Le ministre de Ministre de l'Action et des Comptes publics arrive ce 3 août en Guyane pour plusieurs annonce relatives au lancement du plan Douane 2030. Interview
En quoi la Guyane est concernée par le plan Douane 2030 ?
La Douane est en première ligne pour la surveillance de nos frontières. Chaque jour les douaniers font face à des organisations criminelles qui adaptent leurs modes opératoires.
La Guyane est au cœur des enjeux du plan Douane 2030. Il y a un mois, j'annonçais la mise en œuvre de ce plan, voulu par le président de la République, dès 2027. J'ai choisi la Guyane pour ce premier déplacement qui marque le lancement d'un choc capacitaire sans précédent afin de mieux protéger nos concitoyens.
Combien de renforts sont prévus en Guyane et que va changer l'arrivée annoncée du scanner lourd ?
Le plan Douane 2030 prévoit la livraison d'un scanner mobile spécial (SMS) pour le port en 2027, la location d'un avion Beechcraft et un renforcement important des effectifs en Guyane : +15 douaniers, soit presque +10%.
Les effectifs et moyens douaniers seront aussi renforcés en Martinique et en Guadeloupe.
25 scanners fixes et mobiles supplémentaires sur tout le territoire national vont permettre de multiplier par quatre d'ici à 2030 le volume d'images collectées pour mieux contrôler les flux de marchandises. Ces nouveaux scanners mobiles permettent de percer plus de 20 centimètres d'acier et de s'assurer, en 2 minutes, de la conformité du chargement.
Êtes-vous favorable à la poursuite au long terme de l'opération 100 % contrôle à l'aéroport ? Les forces de l'ordre ont déjà fait savoir à quel point ce dispositif pèse dans les effectifs.
Oui, j'y suis favorable. L'opération 100% contrôle a prouvé son efficacité en divisant par dix en trois ans les quantités de cocaïne saisies à Paris en provenance de Guyane : 552 kg en 2022, contre 50 kg en 2025. L'année dernière, le 100% contrôle a permis l'interpellation de 369 passeurs et l'interdiction d'embarquer de 1 830 passagers.
L'opération a aussi démontré son effet dissuasif. Si on réduit les contrôles, le trafic reprendra. Malgré certaines contraintes dont j'ai conscience, il faut donc ne rien lâcher. Le trafic de stupéfiants est un fléau qui nécessite des actions déterminées pour protéger notre jeunesse. Il faut aussi savoir que ce qui marche à Cayenne fait désormais école : après Fort-de-France, près de 400 agents ont mené le 3 février la première opération de ce type à Orly.
Je souhaite d'ailleurs que la logique du contrôle à 100% soit étendue au contrôle des conteneurs à l'exportation au port.
Quels sont les derniers chiffres de la fraude financière en Guyane ? Quels dispositifs sont mobilisés pour lutter contre ?
En 2025, 544 784 euros de droits et taxes ont été redressés et 117 776 euros d'argent liquide ont été saisis. C'est une action combinée des services de l'Etat qui permet de traquer la fraude, je pense à celle de la direction générale des finances publiques (DGFiP) mais aussi de Tracfin qui lutte contre le blanchiment d'argent en analysant les transferts. Un gros travail est fait en lien avec la Préfecture pour rappeler aux professionnels la nécessité de remonter des déclarations de soupçons quand il y en a.
Combien la France dépense chaque année pour la Guyane ?
L'État investit chaque année près de 3 milliards d'euros en Guyane pour accompagner le développement du territoire. Il finance les collectivités, les écoles, le logement social, l'emploi et l'investissement des entreprises. Le projet de budget pour 2027 confirme cet engagement, avec 112 millions d'euros supplémentaires en faveur des outre-mer, dans un contexte exigeant pour les finances publiques.
Pouvez-vous estimer le revenu de la Guyane pour la France ?
Le produit des impôts et taxes perçus en Guyane est très inférieur au montant de la dépense de l'État dans le département. Mais je ne suis pas sûr que cette approche comptable éclaire vraiment la place de la Guyane au sein de la République. La Guyane c'est un dynamisme démographique, le point d'accès souverain à l'espace, une zone maritime de 122 000 km² et une biodiversité incomparable.
Les moyens de la préfecture sont sous-calibrés : les aménagements routiers de la DGTM prennent du retard / le service d'attribution des titres de séjour est sous l'eau. Que fait l'administration pour améliorer ces services ?
Tout n'est pas parfait, certains services sont sous tension, c'est un fait. Mais l'État investit et délivre. Le nouveau pont de Grand Laussat a été mis en service ; 50 km de chaussée ont été rénovés sur les nationales ; la RN1 jusqu'à Macouria va être doublée (pas avant 2035 selon nos informations NDLR).
À l'entrée de Cayenne, le chantier avance avec la construction du nouveau pont du Larivot ; la poursuite de la mise à deux fois deux voies à Balata et la relance des études du giratoire des Maringouins attendu depuis des années. Le délai de renouvellement des titres de séjour est désormais inférieur à la moyenne nationale. Le délai de rendez-vous au Guda (Guichet unique des demandeurs d'asile) est passé de 21 jours à moins de 6.
Considérez-vous que le système des pirogues France-Services est un succès ?
C'est une réussite. Sur le seul fleuve Oyapock, onze rotations de pirogues ont permis de traiter 3 300 dossiers en une année, dans des villages qu'on atteint qu'après plusieurs jours de navigation. À bord, ce sont douze services publics qui se déplacent : les impôts, la caisse d'allocations familiales, l'assurance maladie, France Travail, jusqu'à l'état civil pour refaire une carte d'identité. Je veux saluer l'engagement de tous les agents dont ceux qui vont vers les habitants jusqu'au dernier kilomètre. La pirogue ne remplace pas des services permanents, mais elle est utile partout où elle passe.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters