Gérard Amayota, candidat aux sénatoriales : « Le compromis n'est pas une faiblesse »
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ÉLECTIONS

Gérard Amayota, candidat aux sénatoriales : " Le compromis n'est pas une faiblesse "

Propos recueillis par Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
Gérard Amayota revient en politique et veut devenir notre prochain sénateur.
Gérard Amayota revient en politique et veut devenir notre prochain sénateur. • K.ODAY

Gérard Amayota présente sa candidature avec deux notions fortes : équité territoriale et compromis

Quels sont les combats prioritaires de votre candidature ?

J'en ai identifié trois. D'abord, la reconnaissance du numéro de la Guyane à l'international : ce numéro n'est pas reconnu. Conséquence : les producteurs de contenus ne sont pas rémunérés, parce que nous sommes un département et non un État. Les Antilles et les autres DOM rencontrent le même problème.

Le deuxième combat concerne le décalage horaire d'une heure des programmes télés. Je veux mon programme à 20 heures et non à 21 heures.

Le troisième concerne le rééquilibrage territorial de la Guyane, nous avons besoin de péréquation en faveur des populations enclavées. Bien entendu, le combat principal reste d'améliorer les finances des communes.

Qu'est-ce qui vous a poussé à revenir aujourd'hui, le goût du pouvoir ?

Certainement pas. On m'a approché dès juin, on m'a relancé, et en août je me suis dit : allez, on tente. Je suis aussi devenu plus sage, plus humble face aux affaires publiques.

Qu'est-ce qui vous a marqué durant cette période de recul ?

Un constat s'est imposé : nous avons quatre entités politiques : mairie, communauté de communes, CTG, parlementaires. On a l'impression qu'il n'y a pas assez de synergie, pas assez de communication entre elles. On a l'impression que chacun travaille pour soi, sans mettre cette énergie au service de la population. Cela m'a donné envie de revenir en politique, pour que nous puissions, malgré nos différences, trouver des compromis, afin que chaque entité, chaque parti, trouve sa juste place en Guyane.

Ce mot " compromis ", je veux qu'il reste ancré, parce que le compromis n'est pas une faiblesse. Il faut que nous, Guyanais, on arrive à se dire les choses s'il le faut, et qu'on trouve le juste milieu pour que, quand les ministres arrivent en Guyane, nous puissions parler d'une seule voix que les calculs politiciens passent en second plan, et que la Guyane soit mise en avant.

Votre candidature est perçue depuis Cayenne comme le cri de l'Ouest, qui réclame davantage de représentation.

Effectivement, c'est un besoin de reconnaissance. Mais je me situe dans une certaine équité territoriale, qui n'est pas une égalité. Je ne suis pas là pour dire que si le centre littoral a quelque chose, il faut que l'Ouest ait la même chose. L'équité, c'est simplement du bon sens. Nous savons que dans les 10 à 15 années à venir, les projections donnent Saint-Laurent-du-Maroni comme future première ville en population de l'outre-mer. Or, l'arrondissement de Saint-Laurent n'est pas le mieux doté en infrastructures. L'équité doit nous conduire à chercher un rééquilibrage du territoire pour faire taire ce cri de l'Ouest, du centre littoral, de l'Est, en rappelant que nous sommes un département un et indivisible, et que chacun doit se projeter dans un avenir où l'on combat ensemble ces disparités.

Certains, comme Félix Dada, maire de Grand-Santi, plaident pour un deuxième département en Guyane. Qu'en pensez-vous ?

Cette idée aurait pu voir le jour à l'époque de Léon Bertrand. Nous sommes en 2026. Je ne dis pas qu'il ne faut pas en discuter, mais moi, je ne suis pas pour la bi-départementalisation. Je suis pour une équité territoriale, un rééquilibrage du territoire. L'équité, c'est simplement du bon sens.

Vous proposez aussi une péréquation sur le prix du gaz et de l'essence. En quoi cela consiste-t-il ?

Le constat est là : sur le haut Maroni, le haut Oyapock, à Saül, la bouteille de gaz peut dépasser 50 euros, alors que sur le littoral, elle est à 21, 22, 23 euros — 24 ou 25 euros quand c'est cher. Avec Madame Marie-Jeanne, ma suppléante qui vit à Saül, nous allons proposer au préfet, puisque c'est lui qui fixe le prix, une péréquation d'un euro de plus sur le littoral. Comme il y a trois à quatre fois plus d'habitants sur le littoral que dans les communes de l'intérieur, ce surplus financera le transport des bouteilles de gaz vers Maripasoula, Saül, Camopi, Trois-Sauts, Grand-Santi, Saint-Élie, Ouanary...

Je vois mal qui, sur le littoral, refuserait de payer un euro de plus pour que ses frères et soeurs de l'intérieur paient le gaz au même prix. Ce sera un projet typiquement guyanais.

Un euro, cela reste beaucoup, notamment sur le litre d'essence.

Non, on ne mettra pas un euro sur le litre d'essence — peut-être un centime. L'euro concerne la bouteille de gaz, à cause du coût du transport. L'idée politique est là ; je ne suis pas technicien. Ce sera aux services de l'État et de la CTG de faire l'estimation : à quelle fréquence envoyer les bouteilles dans les communes isolées, avec un marché qui sera lancé pour désigner l'opérateur qui alimentera ces communes. C'est une question qui mérite d'être posée, débattue, et analysée sérieusement.

Quel bilan tirez-vous de votre action passée pour le territoire ?

Jeune conseiller général, j'ai fait voter la création de trois collèges sur le Maroni. J'ai travaillé pour Saül et pour Maripasoula. Il y a deux communes que je ne connais pas encore : Saint-Élie et Ouanary. Si je deviens sénateur, je les visiterai en premier, avec une permanence itinérante sur tout le territoire.

Certains disent que votre candidature disperse le vote de l'Ouest. Voulez-vous être le sénateur de l'Ouest, ou de toute la Guyane ?

Non, je veux être le sénateur de l'ensemble de la Guyane. Il faut prendre de la hauteur et ne pas se limiter à l'Ouest. Je ne peux pas me permettre, avec une connaissance parfaite du territoire — du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest — de me cantonner à la partie que je maîtrise le mieux. Il m'appartiendra d'échanger avec mes homologues pour que nous trouvions, ensemble une synergie pour la Guyane.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours politique ?

J'ai été conseiller général puis vice-président du conseil général de 1998 à 2004, puis maire. De 2004 à 2010, j'ai été conseiller régional, puis dans l'opposition de 2008 à 2014. Après 2014, j'ai pris ce temps de recul : du temps pour moi, du temps pour m'occuper de ma famille, du temps pour me concentrer sur ma carrière d'enseignant — je n'étais pas titulaire, et j'avais des enfants qui avaient besoin de moi. Je le dis avec beaucoup d'humilité : c'est une période que j'ai beaucoup appréciée. J'ai vu grandir mes enfants, je les ai accompagnés.

 

Gérard Amayota, ancien maire d'Apatou, a 55 ans et veut rejoindre le Sénat le 27 septembre.
Gérard Amayota, ancien maire d'Apatou, a 55 ans et veut rejoindre le Sénat le 27 septembre. • K.Oday
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