Affectations scolaires : des élèves encore dans l'attente
120 élèves passent actuellement des tests au Casnav afin d'être affectés d'en un établissement scolaire, d'ici le mois d'octobre
Les listes d'attente à l'école ne concernent pas que les inscriptions en mairie. À l'échelle académique, le Centre académique pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés (Casnav) joue un rôle dans l'accueil et l'affectation des jeunes arrivant en Guyane. Cette rentrée, 120 élèves doivent encore être positionnés dans un établissement.
" On ne teste pas tous les élèves en même temps ", explique François Daniel, inspecteur et pilote du Casnav. Les familles sont reçues tout au long de l'année, en fonction de leur arrivée sur le territoire. " On ne peut pas prévoir les flux. " Jusqu'à 50 familles sont reçues chaque semaine lors des sessions de tests.
Une affectation au cas par cas
Le Casnav évalue le niveau scolaire des élèves et leur maîtrise du français afin de déterminer leur orientation. " L'idée, c'est vraiment de leur apprendre le métier d'écolier ", explique Phuc Do-Cao, conseiller pédagogique. Certains jeunes rejoignent une classe ordinaire, d'autres sont orientés vers les dispositifs UPE2A ou PSA pour les élèves peu ou pas scolarisés auparavant.
Mais avant l'entrée en classe, il faut trouver une place. L'affectation se fait en fonction du secteur d'habitation et des capacités des établissements. Une tâche compliquée par la mobilité de certaines familles. " Un jour, elles peuvent être à Cayenne, le lendemain à Rémire et le lendemain à Matoury ou à Kourou ", rapporte François Daniel.
À Saint-Laurent-du-Maroni, la situation est particulièrement tendue. Selon les services municipaux cités par nos confrères de Guyane la 1ère, environ 200 élèves restent sur liste d'attente. Une situation qui se résorbe habituellement au cours du mois de septembre. La commune évoque aussi la situation transfrontalière avec Albina, au Suriname. Certaines familles y résidant utiliseraient des adresses à Saint-Laurent pour scolariser leurs enfants. Le phénomène est estimé à moins d'une cinquantaine d'enfants.
" Il y a obligation de scolarisation "
En 2025, 90 % des dossiers suivis par le Casnav avaient trouvé une place. Sur deux ans, près de 1 400 élèves ont été recensés dans l'académie, du primaire au lycée professionnel et jusqu'à la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS). 83 % ont intégré l'enseignement.
Les situations restantes peuvent correspondre à des élèves encore en attente ou dont l'affectation doit être reprise. " Ceux qui attendent le plus longtemps passent en premier ", précise l'inspecteur.
Le Casnav ne s'occupe pas uniquement des élèves étrangers. " Ce matin, c'était une famille de quatre enfants guyanais, de 4 à 11 ans, qui n'ont jamais été scolarisés ", explique Phuc Do-Cao. Pour les plus jeunes, l'équipe oriente les familles vers les mairies. Pour les 16-18 ans sans solution, elle travaille avec la MLDS.
" Il y a obligation de scolarisation, peu importe la situation d'un élève ", rappelle le centre.
Le Casnav fonctionne aujourd'hui avec deux secrétaires, une à Cayenne et une à Saint-Laurent, un conseiller pédagogique, une animatrice et un inspecteur. " Nous, on doit accueillir les familles, affecter les élèves et répondre au mieux avec les moyens qu'on a ", résume l'inspecteur, qui demande un renforcement du service pour répondre à l'ensemble de ses missions.

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