Mahrez Abassi : « Nous sommes tout le contraire de la justice coloniale »
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JUSTICE MORTE

Mahrez Abassi : « Nous sommes tout le contraire de la justice coloniale »

Propos recueillis par Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
Mahrez Abassi, président du tribunal judiciaire de Cayenne, en poste depuis le 1er septembre 2020. (Archives FG)
Mahrez Abassi, président du tribunal judiciaire de Cayenne, en poste depuis le 1er septembre 2020. (Archives FG)

Mahrez Abassi est le président du tribunal judiciaire du Larivot depuis deux ans. Charismatique, costume trois pièces porté en toute circonstance, l’homme trimballe sa bonhommie et son énergie dans les couloirs exigus du palais de justice. Ses prestations en tant que juge marquent prévenus comme victime. Aujourd’hui, il mène la fronde contre le manque de moyens de la justice en Guyane. Il est, avec le procureur de la République, à la tête du mouvement « justice morte » du 3 au 10 octobre qui se poursuit jusqu’à la fin de l’année concernant les affaires pénales. Seules les urgences seront traitées jusqu’au 31 décembre 2022.

Vous avez déclenché la semaine de la « justice morte » depuis lundi, pourquoi ?

Nous n’avons plus les moyens, tout simplement de traiter la justice pénale sauf les urgences. C’est à dire, les dossiers des gens détenus, les comparutions immédiates et les déferrements. C’est un cri non pas de colère mais de détresse que nous lançons.

Il s’agit donc d’un mouvement social qui ne peut pas dire son nom, puisque les magistrats ne peuvent pas se mettre en grève.

Non, c’est une incapacité à rendre la justice. Nous n’avons pas le personnel pour ouvrir des sessions.

Tous les magistrats...

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