Mahrez Abassi : « Nous sommes tout le contraire de la justice coloniale »
Mahrez Abassi est le président du tribunal judiciaire du Larivot depuis deux ans. Charismatique, costume trois pièces porté en toute circonstance, l’homme trimballe sa bonhommie et son énergie dans les couloirs exigus du palais de justice. Ses prestations en tant que juge marquent prévenus comme victime. Aujourd’hui, il mène la fronde contre le manque de moyens de la justice en Guyane. Il est, avec le procureur de la République, à la tête du mouvement « justice morte » du 3 au 10 octobre qui se poursuit jusqu’à la fin de l’année concernant les affaires pénales. Seules les urgences seront traitées jusqu’au 31 décembre 2022.
Nous n’avons plus les moyens, tout simplement de traiter la justice pénale sauf les urgences. C’est à dire, les dossiers des gens détenus, les comparutions immédiates et les déferrements. C’est un cri non pas de colère mais de détresse que nous lançons.
Il s’agit donc d’un mouvement social qui ne peut pas dire son nom, puisque les magistrats ne peuvent pas se mettre en grève.
Non, c’est une incapacité à rendre la justice. Nous n’avons pas le personnel pour ouvrir des sessions.
Tous les magistrats...

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