Violences sexuelles sur mineurs : 924 incarcérations depuis le lancement de la revue des procédures
Deux mois après le lancement de la revue nationale des procédures de violences sexuelles sur mineurs, le ministère de la Justice dresse un bilan provisoire. 924 personnes ont été incarcérées, soit une hausse de 134 % par rapport à la normale.
Depuis le 8 juin, date du lancement de la revue nationale des procédures de violences sexuelles sur mineurs, les services du ministère de la Justice ont procédé à un réexamen massif des dossiers en attente. Cette opération, décidée par Gérald Darmanin à la suite de l’affaire Lyhanna, visait initialement 70 000 plaintes, avant que le ministre ne révèle que ce chiffre s’élevait en réalité à 88 000. Près de deux mois plus tard, le bilan est sans précédent. 924 personnes ont été incarcérées pour des faits de violences sexuelles sur mineurs depuis le 8 juin, soit une augmentation de 134 % par rapport à la même période l’année précédente. Par ailleurs, 1 753 informations judiciaires ont été ouvertes, en hausse de 271 % sur un an.
Si ces résultats témoignent d’une mobilisation exceptionnelle des services judiciaires, ils soulèvent également des questions. Le ministère de la Justice ne précise pas la proportion de détentions provisoires par rapport aux incarcérations consécutives à des condamnations. Une distinction importante pour évaluer la nature des poursuites engagées. Toutefois, le garde des Sceaux insiste sur l’ampleur du travail accompli : « Je tiens à saluer l’engagement remarquable des magistrats, des fonctionnaires de greffe, des attachés de justice et de l’ensemble des personnels du ministère de la Justice qui ont conduit cette revue nationale dans des délais particulièrement contraints ».
Prochaines étapes : réunions avec les procureurs
Gérald Darmanin indique avoir reçu individuellement « chacun des 36 procureurs généraux » pour tirer les enseignements de cette revue inédite. Il annonce qu’il réunira l’ensemble des procureurs généraux le 3 septembre prochain pour poursuivre cette dynamique, et qu’il recevra également tous les procureurs de la République, ressort par ressort, d’ici la fin du mois d’octobre.
Le 15 juillet, le ministre avait déjà communiqué des premiers résultats : près d’un millier de dossiers de pédocriminalité identifiés comme prioritaires, 1 350 informations judiciaires ouvertes depuis le 8 juin et 675 personnes incarcérées. Les chiffres publiés ce mardi 28 juillet confirment donc une tendance à la hausse, avec un total de 924 incarcérations.
Un défi pour la justice et la société
L’affaire Lyhanna, du nom de cette petite fille de 12 ans victime de viols ayant conduit à une mobilisation nationale, a agi comme un électrochoc. La revue des procédures a permis de sortir de l’ombre des milliers de dossiers en souffrance. Mais elle met aussi en lumière l’ampleur des violences sexuelles sur mineurs en France et la nécessité de renforcer les moyens judiciaires pour y faire face.
Les prochaines semaines seront décisives pour transformer ce sursaut en une réforme durable de la justice pénale. Avec, en ligne de mire, l’objectif affiché par Gérald Darmanin : qu’aucun enfant victime ne reste sans réponse.

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