Pollution au mercure sur le Maroni : les associations font appel du jugement en faveur de l'État
La coalition du Haut-Maroni contre-attaque dans le dossier de l'orpaillage illégal après un jugement défavorable
Les associations en lutte contre la pollution au mercure sur le Haut-Maroni ont déposé une requête devant la Cour administrative d'appel de Bordeaux. Elles s'opposent au jugement rendu le 21 mai 2026 par le tribunal administratif de la Guyane. Cet appel avait été annoncé dès le rendu du délibéré, mais a été officialisé le 20 juin.
Les associations (Victimes du mercure Haut-Maroni, Copag, Solidarité Guyane, Maiouri Nature Guyane, Wild Legal) et les habitants Linia Opoya et Michel Aloike déplorent une décision qui "tout en constatant la gravité des atteintes sanitaires et environnementales, refuse d'engager la responsabilité de l'État."
Effets néfastes reconnus, faute rejetée
Le jugement avait reconnu les effets néfastes de l'orpaillage illégal tels que l'intoxication au mercure, les maladies neurologiques et la destruction des écosystèmes, mais estimait que cela ne suffisait pas à caractériser une carence fautive de l'État.
Le tribunal a rejeté l'intégralité des demandes, y compris la question du non-respect des obligations environnementales relatives à la protection des cours d'eau et à la préservation de la santé publique.
S'agissant du point qui vise à faire reconnaître une personnalité juridique au Maroni, c'est-à-dire à attribuer des droits à une entité naturelle, le tribunal estime qu'il ne lui appartient pas de procéder à une telle reconnaissance.
Protéger le fleuve et ses populations
La requête en appel demande la reconnaissance des "carences persistantes" de l'État dans la lutte contre l'orpaillage illégal, la protection de la santé, des écosystèmes et des droits des peuples autochtones.
La coalition du Haut-Maroni souhaite "l'annulation du jugement, la réparation des préjudices humains et écologiques ainsi que l'adoption de mesures concrètes pour protéger les populations, le fleuve et ses affluents."
En première instance, l'affaire avait pris plus de deux ans à être jugée. Les délais pourraient être tout aussi longs en appel.

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