Rentrée sous tension au lycée Félix-Éboué : les professeurs se mobilisent
Face à une rentrée qu'il juge fortement dégradée, le SNES-FSU appelle à la mobilisation ce vendredi 4 septembre dès 6 h 30 devant le lycée Félix-Éboué. Classes de seconde surchargées, manque d'agents, problèmes de sécurité, cantine sous pression, difficultés de transport et réseau informatique défaillant : le syndicat entend alerter sur une accumulation de dysfonctionnements.
Le SNES-FSU veut profiter de la rentrée pour se faire entendre. Rendez-vous est donné ce vendredi 4 septembre à 6 h 30 devant le lycée Félix-Éboué, sur la départementale. Les personnels prévoient de distribuer des tracts et de mener une action de visibilité sur la route.
L'objectif affiché n'est pas de bloquer durablement la circulation, mais de provoquer suffisamment de ralentissements pour attirer l'attention sur les conditions de rentrée. " On veut faire le bazar gentiment ", explique Odile Paillet. enseignante représentante Snes FSU.
Classes surchargées, manque d'agents, sécurité des bâtiments, cantine sous pression, transport des repas, restauration des élèves transportés et réseau informatique défaillant : pour le SNES-FSU, tous ces éléments dessinent le même constat. Celui d'une rentrée " dégradée " au lycée Félix-Éboué.
Une classe de seconde supprimée à la veille des vacances
La question des effectifs constitue l'une des principales inquiétudes du syndicat. Le lycée doit accueillir cette année 297 élèves de seconde, répartis sur 11 classes, soit près de 27 élèves par classe.
Pourtant, la répartition des élèves avait été préparée avant même que l'établissement ne reçoive l'information concernant la nouvelle organisation.
Le SNES-FSU rappelle également que, dans le protocole de fin de grève conclu en mars 2025, l'objectif affiché était de pouvoir accueillir au maximum 25 élèves par classe.
Mais au début du mois de juillet, à la veille du départ en vacances, le proviseur informe les personnels que le lycée passera de 12 à 11 classes de seconde. Une classe est donc supprimée.
Cette décision intervient alors que le rectorat s'était engagé à garantir les meilleures conditions d'accueil possibles pour les élèves de Félix-Éboué. Selon le syndicat, le recteur a finalement entériné la possibilité d'accueillir jusqu'à 330 élèves de seconde répartis sur 11 classes, soit jusqu'à 30 élèves par classe.
Pour le SNES-FSU, cette situation est difficilement compatible avec les engagements pris quelques mois plus tôt.
Des effectifs d'agents en forte baisse
Autre point de tension : les personnels chargés de faire fonctionner quotidiennement l'établissement.
La Collectivité territoriale de Guyane (CTG) finance le fonctionnement matériel du lycée et assure la gestion des emplois liés à l'entretien des bâtiments.
Le syndicat dénonce la disparition progressive des Parcours emploi compétences (PEC), qui permettaient de recruter des personnes en recherche d'emploi.
Cette réduction des effectifs se ferait particulièrement sentir chez les ouvriers professionnels. Selon le SNES-FSU, le lycée serait passé d'environ 20 agents, dont plusieurs personnes en PEC, à seulement deux agents, dont le chef d'équipe.
Une situation qui pourrait contraindre l'établissement à faire davantage appel à des sous-traitants pour certaines interventions, avec à la clé des délais potentiellement plus longs.
Un portail ouvert depuis près d'un an
La question de la sécurité inquiète aussi les personnels.
Le portail de l'établissement serait ouvert depuis près d'un an et ne se refermerait plus correctement. D'après le SNES-FSU, le problème serait lié à une mauvaise installation réalisée par le prestataire de la CTG.
Avec un accès potentiellement libre vers le gymnase, les salles de cours et les autres espaces du lycée, les représentants du personnel parlent d'un établissement devenu une véritable " passoire ".
Ils dénoncent une situation qui perdure et craignent qu'un incident grave soit nécessaire pour que le problème soit enfin réglé.
Une cantine qui doit absorber
124 élèves supplémentaires
La demi-pension concentre elle aussi les inquiétudes. Le lycée dispose d'une capacité d'environ 200 places. L'an dernier, environ 180 élèves étaient inscrits à la cantine, avec seulement trois agents chargés du service. Cette année, 124 élèves du collège Paul-Kapel doivent également venir déjeuner à Félix-Éboué.
Il faudra donc organiser deux services avec quasiment les mêmes effectifs, mais pour un nombre d'élèves plus important. Pour renforcer les équipes, une agente chargée habituellement de l'entretien des salles doit être redéployée vers la cantine. Les personnels affectés au service seraient ainsi quatre. Dans le même temps, le chef d'établissement souhaiterait augmenter encore le nombre de demi-pensionnaires.
Le transport des repas
pas encore opérationnel
L'organisation de la livraison des repas a aussi changé.
Jusqu'à présent, Auxence Coutot assurait la préparation et le transport des repas. Désormais, la CTG a financé un véhicule permettant aux agents du lycée d'aller eux-mêmes récupérer les repas.
Mais à quelques jours de l'ouverture de la cantine, tout n'est pas encore opérationnel.
Le véhicule est disponible, mais l'équipement nécessaire pour manipuler et monter les repas, notamment un système élévateur, n'aurait toujours pas été livré. La cantine doit pourtant ouvrir lundi.
Des repas et des tarifs qui interrogent
Le syndicat soulève également la question du prix et de la qualité des repas proposés aux élèves.
Les tarifs de la demi-pension se situeraient dans une fourchette que le SNES-FSU juge élevée au regard du contexte social guyanais. Les représentants syndicaux rappellent que Félix-Éboué accueille une population scolaire dont les indicateurs sociaux témoignent de difficultés économiques importantes.
Ils s'interrogent sur les conditions dans lesquelles les repas sont désormais préparés et acheminés, alors que l'organisation avec le prestataire a évolué.
Certains élèves arrivent au
lycée dès 5 heures du matin
Le transport scolaire constitue une autre difficulté majeure. Certains élèves habitant loin du lycée doivent se lever tôt et peuvent arriver aux abords de l'établissement dès 5 heures du matin, alors que les cours commencent à 7 heures. Jusqu'à présent, ces élèves pouvaient bénéficier d'une solution de restauration à moindre coût avant le début des cours.
Mais ce dispositif a été interrompu. Selon le syndicat, "le proviseur ne souhaiterait pas prendre de risques liés à la sécurité alimentaire et à la responsabilité juridique du précédent contrat."
Une nouvelle piste est évoquée avec FranceAgriMer, afin de mettre en place un dispositif permettant aux élèves concernés d'avoir accès à une alimentation gratuite. Pour l'heure, cette solution reste au stade du projet.
Un réseau informatique qui ne fonctionne pas correctement
Enfin, les problèmes techniques s'ajoutent à la liste. Le réseau informatique de l'établissement serait toujours défaillant alors qu'une entreprise spécialisée devait effectuer une vérification avant la rentrée.
Le système de signalement des problèmes passe par des tickets d'intervention auprès du prestataire. Selon les représentants syndicaux, chaque intervention peut représenter un coût d'environ 70 euros.
À la veille de la rentrée, le SNES-FSU estime donc que l'établissement cumule trop de difficultés pour pouvoir parler d'une rentrée préparée dans de bonnes conditions.
Contacté, le rectorat indique que « les effectifs de classe sont stables » à ce stade. L’institution précise qu’elle pourra « avoir un regard sur le constat final à la mi-septembre », rappelant qu’« il y aura une fluctuation du nombre d’élèves ».
De son côté, la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) ne s’est, pour le moment, pas encore exprimée sur les différents points soulevés par le Snes-FSU.

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