Fin de la saison des pontes : Luths et olivâtres en forme, mais la vigilance reste de mise
La saison de ponte touche à sa fin sur les plages de Cayenne et de Rémire-Montjoly. Les premiers bilans de l'association Kwata sont plutôt encourageants pour les tortues luths et les tortues olivâtres, même si plusieurs défis persistent quant à la protection des espèces
Alors que la saison des pontes se termine et que les émergences se multiplient, l'association guyanaise Kwata, dresse ses premiers bilans. "La tendance est plutôt stabilisée et positive", résume Benoît de Thoisy, directeur de l'organisme.
Les tortues olivâtres enregistrent 3 715 pontes au 2 août, un chiffre qui pourrait encore augmenter puisque plus d'une cinquantaine de pontes ont été observées dans le week-end. Les tortues luths, elles, totalisent 1 492 pontes, soit leur meilleur niveau depuis une dizaine d'années. Ce chiffre reste très éloigné du niveau historique de 2009, lorsque plus de 9 000 luths avaient pondu sur les plages du centre littoral.
En revanche, la saison est beaucoup plus faible pour les tortues vertes. À Awala-Yalimapo, seulement 17 pontes ont été recensées cette année, contre près de 500 en 2025, une année record. "L'hypothèse qui peut être faite est que les tortues vertes ne pondent pas tous les ans. Il est possible que beaucoup de femelles aient pondu l'année dernière plutôt que cette année", avance Benoît de Thoisy.
Des menaces qui compliquent les naissances et la course vers la mer
Au-delà des chiffres, les associations restent vigilantes face aux pressions qui s'exercent sur les tortues. Les chiens domestiques continuent de détruire des nids et d'attaquer des femelles en ponte. Depuis 2011, 83 tortues adultes ont été tuées par des chiens, soit une moyenne d'environ cinq par an. La pollution lumineuse des habitations sur le littoral constitue aussi un enjeu, même si les échanges avec les restaurateurs et les porteurs de projets ont permis d'améliorer la situation ces dernières années.
Sur la plage des Salines, les équipes de Kwata assurent chaque soir des actions de sensibilisation. "Beaucoup de gens connaissent les règles, mais on voit encore tous les jours de mauvais comportements", constate Laura, chargée de sensibilisation de l'association. La jeune femme rappelle qu'il faut rester à au moins un mètre des tortues, utiliser uniquement une lumière rouge et ne jamais employer de flash.
Les bénévoles de Kwata interviennent régulièrement lors des émergences. Désorientés par les éclairages artificiels, certains bébés tortues prennent la mauvaise direction et doivent être réorientés. "Il ne faut surtout pas les toucher et les mettre à l'eau. Elles doivent faire ce trajet seules pour se muscler avant de rejoindre l'océan", insiste la spécialiste.
Les résultats de cette saison sont donc encourageants, mais la protection des tortues marines passe toujours par des aménagements du littoral plus respectueux, des compromis avec les collectivités et l'adoption des bons gestes.

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