Sécheresse : le maire de Maripasoula demande des solutions pour le fret
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Sécheresse : le maire de Maripasoula demande des solutions pour le fret

Gaëtan TRINGHAM
Jonathan Abienso a été élu maire aux dernières élections municipales.
Jonathan Abienso a été élu maire aux dernières élections municipales. • GÉRÔME GUITTEAU, G.GUITTEAU@AGMEDIAS.FR

La saison sèche de 2026 s'annonce comme l'une des plus intenses qu'ait connue la Guyane. Ses premières conséquences se font déjà sentir, notamment sur l'acheminement du fret vers les communes de l'intérieur

Le maire de Maripasoula s'exprime sur les premières conséquences de la sécheresse qui touche le territoire. Jonathan Abienso souligne "des difficultés importantes rencontrées quotidiennement par les habitants et les professionnels de la commune concernant l'acheminement du fret entre Cayenne et Maripasoula depuis quelques semaines." Les délais actuels de livraison peuvent atteindre trois semaines et entraînent des conséquences importantes pour la population et l'activité économique du Lawa.

L'approvisionnement en marchandises, en produits de première nécessité, et en équipements est ralenti. Pour les entrepreneurs du Maroni, ces difficultés entraînent aussi des retards dans leurs activités, des surcoûts et des perturbations dans la gestion de leurs stocks.

"Il devient urgent de garantir un service de fret opérationnel"

Le maire de la plus grande commune de France estime : "Il devient urgent de garantir un service de fret opérationnel et fiable, au même titre que la desserte des passagers, sans que l'un soit assuré au détriment de l'autre. [...] Pour cela, le maire sollicite une réflexion collective entre la CTG, les compagnies et les communes de l'intérieur, afin de trouver des solutions durables."

 

Les abattis Coticca, sur le Maroni, vus de ciel lors de la saison sèche 2024. Les prévisionnistes s'attendent à pire cette année
Les abattis Coticca, sur le Maroni, vus de ciel lors de la saison sèche 2024. Les prévisionnistes s'attendent à pire cette année • Jonathan Abienso

 

Dans une réunion qui s'est tenue la semaine dernière en préfecture, les services de l'État affirmaient se tenir prêts au déclenchement d'un nouveau plan Orsec pour faire face à la sécheresse et à ses conséquences. Pour le fret, le préfet assure avoir deux outils à sa disposition : les avions de Van Air et Guyane Express Fly et les Casa des Forces armées en Guyane (FAG). "On se met en capacité de remplacer du transport de fret fluvial par du transport de fret aérien", explique Antoine Poussier. Une liste de biens prioritaires reste à définir avec la CTG.

"Ce contexte impose des modifications dans les pratiques"

Madeleine Akatia, présidente du syndicat des transporteurs fluviaux, prévient aussi que les piroguiers du Maroni ont été contraints de s'adapter : "Nous avons diminué le tonnage de la marchandise. D'ici fin septembre, nous ne pourrons plus utiliser les grosses embarcations, mais seulement les moyennes. Ensuite, nous allons réduire le nombre de passagers par embarcation."

Les entrepreneurs du fleuve peinent, pour l'heure, à estimer le manque à gagner que la sécheresse représente. Une réunion entre eux est programmée la semaine prochaine. 

"Maripasoula, en l'absence de route, est une commune qui dépend de la continuité aérienne comme solution de désenclavement partiel", ajoute Jonathan Abienso. 

Le monde agricole anticipe aussi une saison difficile. Le président de la Chambre d'agriculture, Jean-Yves Tarcy, a mis à disposition une adresse électronique (remonteesagriculteurs@guyane.chambagri.fr) pour que les agriculteurs puissent faire remonter les dégâts observés sur leurs parcelles. "Nous mettrons tout en œuvre pour accompagner les agriculteurs dans ce contexte de changement climatique qui impose des modifications dans les pratiques", écrit Jean-Yves Tarcy.

L'état de calamité agricole avait été reconnu vis-à-vis de la saison sèche 2023/2024.

Les abattis Coticca, sur le Maroni, vus du ciel cette semaine.
Les abattis Coticca, sur le Maroni, vus du ciel cette semaine. • Jonathan Abienso

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