Saturnin Ponet nous a quittés : chercheur d’or malgré tous les obstacles
Né à Régina en 1945, Saturnin Ponet a tracé son parcours dans l’orpaillage guyanais malgré les obstacles financiers et administratifs
Saturnin Ponet était entré dans l’orpaillage comme un intrus, quand tout paraissait inaccessible aux chercheurs de la nouvelle société créole d’après 1848.
C’est sur la crique Limonade, à Saül, qu’il commence son aventure. Il est associé au bijoutier de Cayenne Neil Millock. Ils fondent ensemble la Sogurems Recherches minières Saül, en novembre 1983.
Ils rencontrent d'abord des difficultés, car la zone alluvionnaire de l’Inini est inaccessible par voie terrestre. Les teneurs relevées paraissent insuffisantes pour une activité viable. Les clandestins qui vont envahir le secteur vont trouver les bons filons jusqu’à ces dernières années. Tout le matériel est abandonné et l’activité est mise en sommeil.
De prospection en prospection et après de multiples tâtonnements dans l’espace aurifère de Guyane, Saturnin Ponet et Neil Millock vont remonter l’Approuague.
Tous les deux s’implantent sur la crique Ipoucin, où les pionniers avaient fondé le placer Matarony, l’un des premiers placers de l’épopée aurifère naissante, que les Saint-Luciens vont transformer en une immense zone de chantiers aurifères et de villages. Ils s’installent dans la crique où la compagnie Tanon avait abandonné sa drague, qui fonctionnait en 1923.
Les débuts semblent peu prometteurs. Les résultats annoncés font planer la suspicion à Cayenne. Et, dans le Service bureau d’aide technique et minière, le géologue laisse planer le doute sur les déclarations de production. C’est lui que Saturnin va embaucher comme conseiller-géologue, pour contrôler les bruits de bâtées riches en or.
Millock, qui de bijoutier s’était transformé en chercheur d’or équipé d’une drague suceuse, va jeter l’éponge et les pépites.
Saturnin reste seul à la manœuvre, au milieu d’ouvriers venus du Brésil. Il reste sur place et demande une autorisation d’exploitation minière (AEX). L'État et ses services rejettent sa demande.
Nous l’avions suivi au cours d’une présidence associative, coincé entre les influences du BRGM, du Syndicat des chercheurs d’or de Guyane, devenu la Fedom, et de la Drire : un maillage aurifère. Cet équilibre agité, il le tiendra avant de disparaître du milieu. La société a été liquidée en 2024. Ses sables débarrassés de tout or se trouvaient sur la trajectoire aérienne en direction de Camopi-Trois-Sauts.
France-Guyane présente ses sincères condoléances à notre consœur Myriam Ponet, à sa famille et aux proches de Saturnin Ponet.

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