L'hommage à Aimée « Mémé » Behary Laul Sirder, épouse Marie enseignante passionnée
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L'hommage à Aimée " Mémé " Behary Laul Sirder, épouse Marie enseignante passionnée

Nahomie PERIGNY
La communauté éducative guyanaise est en deuil. Aimée, dite " Mémé " Behary Laul Sirder, épouse Marie, s'est éteinte le 29 juillet, des suites de la maladie.
La communauté éducative guyanaise est en deuil. Aimée, dite " Mémé " Behary Laul Sirder, épouse Marie, s'est éteinte le 29 juillet, des suites de la maladie. • AM

Les témoignages d'anciens élèves continuent d'ailleurs d'affluer. Certains lui attribuent leur vocation d'enseignant, d'autres racontent avoir choisi les études d'espagnol grâce à elle

La communauté éducative guyanaise est en deuil. Aimée, dite " Mémé " Behary Laul Sirder, épouse Marie, s'est éteinte le 29 juillet. Elle laisse derrière elle le souvenir d'une femme profondément engagée, d'une enseignante passionnée et d'une mère de famille dont la générosité a marqué plusieurs générations.

Pendant plus de trois décennies, Aimée a enseigné l'espagnol à l'Externat Saint-Joseph de Cayenne. Un métier qu'elle exerçait avec passion et exigence, convaincue que l'école pouvait changer une vie.

" Elle avait la joie de vivre tout le temps. C'était un professeur consciencieux, très investi, qui accompagnait chacun de ses élèves. Elle a eu un impact décisif sur la vie de beaucoup d'entre eux ", confie sa fille Audrey.

Les témoignages d'anciens élèves continuent d'ailleurs d'affluer. Certains lui attribuent leur vocation d'enseignant, d'autres racontent avoir choisi les études d'espagnol grâce à elle. L'une de ses anciennes élèves, aujourd'hui installée en Espagne, lui a même adressé un dernier message d'hommage.

" À chaque fois que je croise d'anciens élèves, ils me demandent de ses nouvelles. Beaucoup sont devenus professeurs d'espagnol grâce à elle. Elle aimait profondément transmettre ", poursuit sa fille.

Une femme qui
"ne savait pas s'arrêter"

Même après son départ à la retraite, aux alentours de 2013, Aimée refuse de ralentir. Entrepreneure dans l'âme, elle crée une société de transport de personnes à mobilité réduite, puis développe une activité de nettoyage à domicile et pour les professionnels.

" Ma mère avait envie de vivre. Elle avait encore énormément de projets. La maladie est arrivée de façon soudaine et brutale ", raconte Audrey.

Le destin s'est montré particulièrement cruel envers la famille. Deux mois avant son décès, son époux disparaissait à son tour.

" En l'espace de quelques semaines, nous avons perdu nos deux parents. "

Une femme tournée
vers les autres

Pour ceux qui l'ont côtoyée, Aimée incarnait avant tout la bienveillance.

Arnaud, journaliste de Radio Péyi et membre de la famille, évoque une femme profondément attachée aux siens.

" C'était ma cousine, mais je la considérais comme une tante. Nous avons longtemps été collègues dans le même établissement et cela a renforcé nos liens. Elle était très attachée à sa famille, attentive aux autres, toujours de bon conseil. C'est ce que je retiendrai d'elle."

Chez les Marie, les dimanches étaient aussi synonymes de partage.

" Tous les dimanches, elle préparait à manger et ouvrait sa table. Les proches, les amis, la famille passaient partager un repas. Elle ne manquait jamais une occasion de faire du bien autour d'elle. "

Si elle n'était pas une pratiquante assidue, sa foi s'exprimait surtout dans les gestes du quotidien.

" Elle n'allait pas souvent à la messe, mais elle trouvait toujours important d'aider son prochain. "

Une succession
de deuils

Ces dernières années, les disparitions successives de plusieurs proches avaient profondément affecté Aimée.

La perte de son neveu Koulani Rézaire, puis celles d'autres membres de la famille, avaient peu à peu entamé sa joie de vivre.

" Elle adorait le carnaval. Elle y participait encore jusqu'en 2026. Mais après le décès de son neveu, elle est devenue plus triste. Ensuite, les deuils se sont enchaînés. "

" Une sœur de vie "

Très émue, Eugénie Rézaire peine encore à trouver les mots.

" Elle était comme la tante de mon fils. Nos familles étaient très proches depuis notre enfance. Nous étions toutes les deux enseignantes, elle en espagnol, moi en anglais. Nous nous sommes toujours soutenues. "

Quelques mois après la disparition de son propre fils, Eugénie dit avoir trouvé auprès d'Aimée Marie une présence réconfortante.

" Elle n'a jamais cessé de m'apporter son affection. Aujourd'hui, c'est une immense tristesse. Une partie de notre patrimoine commun s'en va, mais elle laisse derrière elle des souvenirs qui resteront vivants. C'était une sœur de vie, une sœur de combat. Elle connaissait tout de moi. J'ai espéré jusqu'au bout. "

Avec la disparition d'Aimée , c'est une figure de l'enseignement guyanais qui s'éteint. Une femme passionnée, entrepreneure, profondément attachée à sa famille et à la transmission. France-Guyane présente ses condoléances à la famille.   

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