Sécheresse : la Guyane se prépare à un nouveau plan Orsec
Une réunion s'est déroulée en préfecture pour anticiper la sécheresse et ses conséquences
"Ce n'est pas ce qu'on souhaite, mais le déclenchement du plan Orsec en 2026 est inéluctable", regrette le préfet, Antoine Poussier. Ce plan d'urgence avait été déclaré en 2024 en Guyane pour faire face à la sécheresse et à ses conséquences.
La situation météorologique ne présage rien de bon pour les mois à venir. L'épisode actuel d'El Niño pourrait être "le plus puissant" depuis le début des mesures du phénomène climatique il y a quatre décennies, a mis en garde l'ONU cette semaine.
Les chaleurs plus élevées et une pluviométrie quasi-absente se traduisent par un assèchement des fleuves et donc une rupture partielle de la continuité territoriale. Déjà aujourd'hui, les piroguiers du Maroni ont commencé à s'adapter : "Nous avons diminué le tonnage de la marchandise. D'ici fin septembre, nous ne pourrons plus utiliser les grosses embarcations mais seulement les moyennes. Ensuite, nous allons réduire le nombre de passagers par embarcation", explique Madeleine Akatia, présidente du syndicat des transporteurs fluviaux.
Une activation précoce du plan
Pour mieux anticiper la crise que celle survenue il y a deux ans, une réunion s'est tenue ce 4 septembre en préfecture. "Avec la sécheresse, on attend des difficultés d'approvisionnement en eau potable et en marchandises, et puis surtout des difficultés de circulation sur les fleuves. On vérifie que chacun a commencé à prendre les dispositions pour répondre aux besoins de la population", résume le préfet en sortie de réunion.
Selon les prévisions actuelles, le plan Orsec pourrait être activé dès le début du mois d'octobre. En 2024, il avait été déclenché fin octobre.
Un El Nino "exceptionnel"
Ludovic Magnouloux, responsable de la cellule prévisions de Météo-France-Guyane évoque "un mois de juillet de record et un mois d'août record en termes de déficit de précipitations. L'épisode d'El Niño va être exceptionnel. Il va aller crescendo jusqu'au mois de décembre puis se poursuivre sur les premiers mois de 2027."
Selon les mesures des météorologues, les températures dépassent en ce moment régulièrement la normale de plus de 1 °C.
"Prendre des mesures de continuité pédagogique"
La Collectivité territoriale de Guyane (CTG) se prépare en augmentant les stocks d'eau potable dans les collèges et les lycées pour approvisionner les élèves. Concernant le transport scolaire dans les zones isolées, le préfet assure : "On va anticiper au mieux et prendre des mesures de continuité pédagogique."
À Maripasoula, des travaux de "régénération" des forages d'eau sont en cours. De tels chantiers sont aussi prévus à Papaïchton et Grand-Santi pour améliorer le rendement des puits.
Pour le fret, les autorités affirment avoir deux outils à leur disposition : les avions de Van Air et Guyane Express Fly et les Casa des Forces armées en Guyane (FAG). "On se met en capacité de remplacer du transport de fret fluvial par du transport de fret aérien", affirme Antoine Poussier. Une liste de biens prioritaires est à définir avec la CTG.
Augmentation de la salinité de l'eau potable
Sur le littoral les autorités se préparent à une autre conséquence de la sécheresse : celle de la remontée du biseau salin. Il s'agit de l'eau de mer qui s'infiltre dans les captages d'eau douce lors des marées hautes. L'augmentation de la salinité peut entraîner l'interdiction de la consommation de l'eau du robinet. Des mesures ont été prises au pour limiter les risques.
Le monde agricole anticipe aussi une saison difficile. Une cellule a été mise en place par la Chambre d'agriculture pour faire remonter les difficultés. L'état de calamité agricole avait été reconnu vis-à-vis de la saison 2024.

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