La Guyane est-elle prête à affronter un "El Nino record" dès septembre ?
Ce phénomène, connu sous le nom d'Enso (El Niño Southern Oscillation, ou oscillation australe), résulte d'une interaction entre l'océan et l'atmosphère
Un épisode El Niño se profile pour les prochains mois, avec un pic d'intensité attendu d'ici à la fin de l'année. Ce phénomène, connu sous le nom d'ENSO (El Niño Southern Oscillation, ou oscillation australe), résulte d'une interaction entre l'océan et l'atmosphère.
L'ampleur que pourrait prendre ce phénomène reste incertaine, mais son intensité pourrait être forte. Certains parlent même d'un El Niño record (lire par ailleurs). Les dernières actualisations présentent une croissance variable d'ici la fin de l'année, mais la moitié des modèles s'accordent sur un dépassement du seuil de +2,5 °C avant la fin de la période de prévision (octobre 2026). Un scénario retenu par le modèle de Météo-France.
Superposé au réchauffement climatique lié aux activités humaines, il pourrait provoquer des températures élevées. En Guyane, ses effets touchent la pluviométrie : durant ces phases, et parfois après, le territoire peut connaître un déficit de pluies.
Les dernières prévisions
En Guyane, les effets du phénomène Enso suit un cycle de trois phases distinctes : El Niño, La Niña et phase neutre. La date de bascule vers El Niño varie selon les centres de prévision, mais 80 % des modèles convergent vers une bascule entre juin et août. La survenue du phénomène semble quasi certaine d'ici septembre.
Sur le plan des températures, la Guyane peut s'attendre à des valeurs supérieures aux normales, selon les prévisions saisonnières de Météo-France. Une saison sèche particulièrement chaude n'est pas à écarter.
Pour la pluviométrie, les conséquences ne dépendent pas directement de l'intensité du phénomène, ce qui les rend plus difficiles à anticiper. D'autres composantes du climat planétaire — comme des eaux anormalement chaudes ou froides sur l'Atlantique tropical — peuvent nuancer et modifier la réponse de la pluviométrie en Guyane.
"À ce stade, quantifier le potentiel déficit pluviométrique pour la prochaine saison sèche reste difficile," reconnaît Patrick Ranson de Météo-France Guyane. "Les prévisions du centre européen pour le trimestre juillet-août-septembre projettent une tendance à la baisse marquée sur l'Amazonie, une tendance qui remonte progressivement vers la Guyane. Le déficit pluviométrique surviendrait plutôt vers la fin de la saison sèche", estime le scientifique.
Comme lors des épisodes El Niño 2023-2024 et des précédents, une vigilance particulière sera portée à l'année 2027 : les conséquences seraient d'autant plus lourdes si le déficit pluviométrique venait à durer.
Des impacts à attendre en Guyane
Même si les prévisions restent à affiner, un épisode El Niño fort est probable. Les conséquences d'une saison chaude et sèche seraient multiples : agriculture fragilisée, niveaux d'étiage très bas, besoins énergétiques accrus, risques pour la santé liés à l'hyperthermie. En 2023-2024, le Maroni au niveau de Grand-Santi avait quasi disparu. Un plan Orsec (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile) avait été déclenché fin 2024.
Un El Nino qui pourrait battre des records
Début juillet 2026, un expert de référence a apporté un éclairage supplémentaire sur l'ampleur attendue du phénomène El Nino. Tim Stockdale, spécialiste du phénomène au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), a indiqué que les modèles de prévision laissent entrevoir un événement d'une intensité inédite.
D'après le chercheur, cité par l'AFP, cet épisode ne ressemble à aucun de ceux observés au cours de ses trois décennies d'études sur le phénomène : jamais une prévision n'avait annoncé un El Niño aussi puissant. Il a précisé que l'ensemble des modèles de prévisions climatiques convergent dans ce sens, tout en soulignant lors d'une conférence de presse : "Je m'attends à ce qu'il batte des records", avant d'ajouter que rien n'est garanti.
le phénomène El Nino Kesako ?
Pour rappel, El Niño est une variation naturelle du climat qui réchauffe les eaux de surface du centre et de l'est de l'océan Pacifique équatorial, provoquant des bouleversements à l'échelle mondiale sur les vents, la pression atmosphérique et les régimes de précipitations. Le phénomène survient généralement tous les deux à sept ans et dure de neuf à douze mois.
Combiné au changement climatique d'origine humaine, l'épisode précédent avait contribué à faire de 2023 la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, et de 2024 l'année la plus chaude jamais mesurée. Ce type d'événement peut provoquer des sécheresses dans certaines régions du monde et des inondations dans d'autres.

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