République dominicaine : une « fondation » caritative soupçonnée d'avoir exploité treize enfants
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République dominicaine : une " fondation " caritative soupçonnée d'avoir exploité treize enfants

Jacques Vilus
Les jeunes étaient astreints à des travaux de charpente pour la construction d'une maison.
Les jeunes étaient astreints à des travaux de charpente pour la construction d'une maison. • HUMANIUM.ORG

Sous couvert d'aide aux familles vulnérables, une association de Haina hébergeait des mineurs contraints à des travaux forcés. L'alerte est venue d'un adolescent de 14 ans, échappé des lieux le week-end dernier.

Un garçon de 14 ans, une fugue, et tout un système qui s'effondre. Le week-end du 29 août, la Police nationale dominicaine et le parquet ont mené deux perquisitions à La Pared de Haina, dans la province de San Cristóbal. Bilan : treize mineurs retirés d'une structure baptisée " Fundación Rescatando Vidas, un Muerto que Revive ", soit en traduction littérale, une fondation qui " sauve des vies " et " ressuscite les morts ". L'établissement se présentait comme un refuge pour familles en difficulté. Les enquêteurs y ont découvert autre chose.

Un adolescent à l'origine du signalement

Tout part d'une plainte déposée au commissariat de Hatillo. Un mineur de 14 ans y dénonce des violences physiques répétées. Le parquet spécialisé dans la protection de l'enfance et le département anti-traite s'emparent du dossier et déclenchent l'opération. Sur place : une maison de deux étages entourée de plusieurs constructions annexes. Le porte-parole de la police, Diego Pesqueira, évoque " un cas présumé de maltraitance, d'exploitation du travail et, possiblement, de traite d'êtres humains ". Parmi les enfants retrouvés, un nourrisson de trois mois et plusieurs mineurs âgés de 4 à 14 ans. Treize personnes ont été interpellées, dont Ángel Gabriel Capellán, présenté comme le pasteur de la fondation.

Des enfants mis au travail forcé

Selon la ministre de l'Intérieur et de la Police, Faride Raful, les jeunes étaient astreints à des travaux de charpente pour la construction d'une maison. Une pratique que le parquet doit désormais qualifier juridiquement, tout en évaluant l'ampleur des traumatismes physiques et psychologiques subis. Le récit officiel évolue d'un jour à l'autre. Vendredi, la police évoquait environ quatorze enfants secourus. Le lendemain, le Conseil national pour l'enfance et l'adolescence (Conani) précise : treize mineurs au total, dont deux fratries de quatre mois à dix ans retrouvées avec leurs propres mères sur place.

Dix enfants sous protection, quatre rendus à leurs mères

" Dix enfants sont sous la protection du Conani, quatre ont été rendus à leurs mères. Ils étaient là avec elles ", a détaillé Ligia Pérez Peña, présidente exécutive de l'organisme. Les deux mères concernées, avec leurs enfants, ont été orientées vers un foyer de protection distinct, en attendant que l'enquête établisse les circonstances exactes de leur présence dans les lieux.

Un établissement déjà repéré

Point qui interroge sur l'efficacité du contrôle institutionnel : ce n'est pas la première alerte concernant cette adresse. Dès septembre de l'année précédente, un nombre plus restreint d'enfants avait déjà été soustrait à cette même fondation, selon Ligia Pérez Peña elle-même. Une intervention antérieure n'a donc pas suffi à faire fermer la structure ni à empêcher de nouvelles admissions de mineurs. L'enquête se poursuit pour déterminer depuis combien de temps ce système fonctionnait, comment les familles y étaient recrutées, et si d'autres enfants restent à identifier.

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