Visé par une plainte pour viol, Lénaïck Adam refuse de démissionner
Plusieurs affaires de mœurs ciblent le maire de Saint-Laurent. Après le classement sans suite de deux plaintes, il en reste une troisième qui concerne des faits présumés de viol, harcèlement moral et sexuel
Lénaick Adam, maire de Saint-Laurent, président de la Communauté des communes de l'Ouest guyanais (CCOG), et ex-député La République en marche (2017-2022), est visé par une plainte pour viol, harcèlement moral et sexuel. Un article publié par Guyane La 1ere, le 21 juillet dernier, nous apprend que la plainte a été enregistrée en octobre 2025, mais les faits allégués remonteraient à 2019, à l'Assemblée nationale.
Selon l'article, le Parquet de Cayenne va faire une demande de dessaisissement au profit du procureur de la République de Paris. L'affaire devrait donc être transférée dans l'île de la Cité.
L'article relate une autre accusation, celle d'une femme qui dans un écrit daté de 2023, affirme avoir été abusée par l'ex-député en 2018. Les faits se seraient déroulés dans un hôtel à Cayenne. Aucune plainte n'a été déposée à ce sujet. Un procureur peut engager des poursuites sans plainte. France-Guyane a contacté le Parquet de Cayenne pour savoir si tel avait été le cas. Nous n'avons pas eu de réponse avant la publication de l'article.
Classements sans suite
Par ailleurs, une enquête pour violences conjugales et une autre pour agression sexuelle sur mineure, lancées à l'initiative de l'ex-compagne de l'élu ont été classées sans suite cette année. La première plainte dénonce des actes qui se seraient déroulés en août 2023, lors de vacances en Guadeloupe alors que ladite compagne était enceinte.
C'est en septembre 2023 que l'ex-compagne saisit à nouveau la justice pour agression sexuelle sur mineure. La procureure ne nous a pas expliqué les raisons des classements sans suite. Aux yeux de la justice, cela signifie habituellement que les infractions dénoncées ne sont pas assez caractérisées. Pourtant, l'article de Guyane 1ere, évoque pour l'affaire des violences conjugales présumées, deux certificats médicaux. Ceux-ci décrivent divers hématomes, contusions et traces de strangulation. Nous avons tenté de joindre la personne concernée. Celle-ci n'a pas fait suite à notre sollicitation.
Pas de démission
Nous avons appelé l'actuel maire de Saint-Laurent. Celui-ci n'a pas répondu à nos questions, mais s'est exprimé le 27 juillet par communiqué : "Depuis plusieurs jours, des informations me concernant occupent une place importante dans le débat public. Je mesure les interrogations qu'elles suscitent et les inquiétudes qu'elles peuvent faire naître [...] Je ne commenterai pas le fond de la procédure en cours." Le premier magistrat de la capitale de l'Ouest n'a jamais pensé à la démission : "Le mandat que vous m'avez confié m'oblige à rester engagé, y compris dans les moments difficiles. Je poursuivrai donc mes missions."
Le groupe d'opposition municipale "Diversité Saint-Laurent pour tous" avait appelé dès la semaine dernière Lénaick Adam "à se mettre temporairement en retrait de ses fonctions de maire pendant toute la durée de la procédure judiciaire" au regard de "faits allégués d'une gravité exceptionnelle".
Si l'aspect judiciaire est en cours concernant un viol présumé, sans aucune mise en examen, les violences conjugales avérées par deux médecins auraient pu être évoquées sur le fond par le maire de Saint-Laurent, puisque classées sans suite.
Lénaïck Adam reste présumé innocent.

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