La saisie qui bloquait L'Effet Morpho est levée, l'association retrouve ses moyens d'action
la Collectivité territoriale (CTG) rappelle avoir accordé en 2024 une avance de trésorerie de 300 000 euros à L'Effet Morpho, alors en difficulté dans l'attente du versement de financements européens liés à son dossier FSE (Fonds social européen)
L'association L'Effet Morpho, qui intervient auprès des enfants et des familles des Terres Intérieures de Guyane, a annoncé ce 10 septembre avoir recouvré l'usage de sa trésorerie. La saisie administrative à tiers détenteur qui paralysait ses comptes depuis le 27 août a été totalement levée le 7 septembre.
Pendant près de deux semaines, L'Effet Morpho a fonctionné sans accès à ses fonds. Selon l'association, son équipe est restée mobilisée tout au long de la crise, y compris sans percevoir son salaire du mois d'août, afin de ne pas interrompre le dispositif de rentrée scolaire dans les villages de Trois-Sauts.
L'accueil des familles a pu se poursuivre grâce à la mobilisation des habitants et des relais communautaires locaux.
L'association tient à remercier plusieurs acteurs qui ont, selon elle, contribué à sortir de l'impasse : la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG), pour son intervention auprès des services de recouvrement, le maire de Camopi et la commune pour leur soutien financier, ainsi que plusieurs partenaires (CACL, Peupl'en Harmonie, Ligue Roller et Skateboard Guyane, Panakuh, Burostock) et la CAF de Guyane, décrite comme le partenaire le plus constant de la structure bien que c'est l'arrêt d'une subvention de 280 000 euros de la CAF qui est à l'origine des difficultés financières.
A ce titre, l'Effet Morpho précise que la levée de la saisie ne règle pas le différend de fond : l'association reste redevable d'une avance remboursable consentie par la Collectivité, et dit souhaiter parvenir à un accord amiable.
La CTG revient sur l'origine du différend
Dans un communiqué distinct, la Collectivité territoriale (CTG) rappelle avoir accordé en 2024 une avance de trésorerie de 300 000 euros à L'Effet Morpho, alors en difficulté dans l'attente du versement de financements européens liés à son dossier FSE (Fonds social européen). Cette avance devait être remboursée au plus tard en décembre 2025.
La CTG indique avoir proposé dès décembre 2025 de prolonger le délai de remboursement, mais dit n'avoir reçu de proposition de l'association qu'à la fin juillet 2026, actuellement à l'étude par ses services juridiques.
Sur la saisie elle-même, la Collectivité précise qu'elle n'en est pas à l'origine : cette procédure relève de la compétence de la Direction régionale des finances publiques (DRFIP), et la CTG affirme n'avoir pas été informée des mesures engagées. Elle indique avoir appris la saisie par la communication publique de l'association, sans contact préalable de celle-ci, et avoir ensuite obtenu du comptable public la suspension de la procédure afin de permettre la poursuite des discussions amiables.
La Collectivité conteste par ailleurs la méthode de communication de l'association, tout en réaffirmant son engagement de long terme pour la scolarisation des jeunes de l'intérieur, à travers l'ouverture progressive de classes de 6ᵉ et de 5ᵉ dans plusieurs écarts (Kayode, Antecume Pata, Taluen, Trois Sauts, Trois Palétuviers) et le renforcement de l'accompagnement des internes.
L'essentiel : les activités reprennent
Au-delà du différend financier qui reste à trancher, le point central des deux communiqués converge : la saisie est levée et L'Effet Morpho a retrouvé ses moyens de fonctionnement. L'association annonce la reprise de l'ensemble de ses missions — accompagnement socio-éducatif, protection des enfants isolés pour raisons scolaires, hébergement d'urgence, accès aux soins et maintien du lien parental dans les villages du fleuve.

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