Marie-Laure Phinéra-Horth : « Je ne quitte pas la politique, je prends une pause »
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SÉNATORIALES

Marie-Laure Phinéra-Horth : " Je ne quitte pas la politique, je prends une pause "

Propos recuillis par Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
Marie-Laure Phinéra-Horth, sénatrice de Guyane ne se représente pas. Elle prend une pause avec la politique.
Marie-Laure Phinéra-Horth, sénatrice de Guyane ne se représente pas. Elle prend une pause avec la politique. • GROUPE RDPI- SENAT

Après six années au Sénat, Marie-Laure Phinéra-Horth dresse le bilan de son mandat. La sénatrice de Guyane revient sur son engagement contre le narcotrafic, la lutte contre les violences sexuelles faites aux mineurs...

Quel bilan tirez-vous de votre mandat au Sénat ?

J'ai beaucoup travaillé. Le rythme m'a surprise. Il y a énormément de réunions, énormément de dossiers à traiter. Au Sénat, on se confronte à beaucoup de matière grise. On échange avec des élus de tous les groupes politiques et, sur certains sujets, les constats sont souvent les mêmes.

Je me suis investie dans plusieurs domaines : les violences sexuelles sur mineurs, l'aide aux victimes, le narcotrafic et surtout la réouverture du don du sang en Guyane.

Vous avez beaucoup travaillé sur le narcotrafic. Pourquoi ?

J'ai été vice-présidente de la commission d'enquête sur le narcotrafic. J'ai vu l'ampleur du phénomène dans plusieurs territoires.

Par moments, j'ai ressenti un sentiment d'impuissance. À Valence, à Marseille, dans d'autres villes, j'ai mesuré à quel point les réseaux criminels sont organisés. Marseille fait peur. J'ai eu peur moi-même lors de certains déplacements. Le port du Havre est aussi un point de vigilance majeur surtout pour la Guyane.

 

 

 

La loi sur le narcotrafic répond-elle aux enjeux ?

Elle constitue une avancée, mais elle reste incomplète. Nous devons continuer à travailler. En Guyane, il faut prendre le sujet à bras-le-corps. Les têtes de réseau sont ingénieuses et ont toujours un temps d'avance.

Je ne suis pas opposée à des contrôles renforcés comme le 100% contrôle mais ce n'est pas la solution optimale. Le scanner est un bon outil. Bruno Retailleau a soutenu l'installation de scanners à Orly et à Roissy. Mais il faut aussi revoir les moyens humains. On ne peut pas tout attendre de la technologie. Le narcotrafic est un fléau. Nous devons poursuivre le travail de sensibilisation. Chez nous, la tentation est trop facile. Trop de jeunes sont devant le chinois sans rien faire donc quand on vient et on propose à ce jeune 5000 euros pour aller sur Paris... Comment peut-il dire non ?

Il faut développer l'économie du pays pour donner du travail ...

J'ai écrit mon dernier rapport sur ce sujet sur l'ensemble des Outre-mer. Chaque territoire a sa production unique comme la vanille à La Réunion. En Guyane, nous avons bien d'autres richesses à valoriser. Les Outre-mer donnent à la France la deuxième zone maritime mondiale. Nous sommes le deuxième port du monde. C'est une force qui doit servir. Les stratégies maritimes sont essentielles.

 

 

 

Où verra-t-on Marie-Laure Phinéra-Horth en octobre, après la fin de votre mandat de sénatrice ?

Je ne quitte pas la politique. Concerntant la CTG en 2028, on me sollicite déjà. Je prends une pause poour réflèchir, observer.

Par ailleurs, je suis attachée à deux associations : l'une sur les violences conjugales avec une aide pour les victimes et l'autre dont je suis présidente sur les questions d'incestes et d'atteintes sexuelles aux mineurs.Je veux demander au président Macron de faire de ces violences une cause nationale en 2027. 

Je souhaite aussi écrire un livre. Ce sera à la fois un bilan politique et une autobiographie. Je ne cacherai rien. Ce sera un travail de mémoire. Je reviendrai sur l'éducation très sévère donnée par mon père. Avec le recul, cela m'a apporté des valeurs d'humilité et de persévérance qui m'ont accompagnée tout au long de mon parcours.

 

 

 

Vous avez toujours revendiqué une politique de proximité.

Oui. J'ai toujours été proche des habitants. Je pense que les élus doivent rester à l'écoute de la population et des jeunes. C'est fondamental.

Quels conseils pouvez-vous donner à la personne qui va vous succèder ?

J'aurais souhaité travailler avec les trois autres parlementaires sans tenir compte des appartenances politiques. Je suis de gauche et je pensais que, sur les dossiers propres à la Guyane, nous pourrions avancer ensemble. Cela n'a pas été possible car je siégeais dans la majorité présidentielle et les deux députés sont dans l'opposition. Mais au Sénat, il est très difficile d'agir avec efficacité. Si vous n'êtes pas dans le groupe majoritaire, les LR au Sénat vous ne servez pas à grand chose.

Pour qui allez-vous voter le 27 septembre ?

Ryan Persaud. Il est jeune, c'est un travailleur. Il ne vient pas de la haute. Nous avons besoin de défendre notre économie avec des personnes qui connaissent l'entreprise. Il a travaillé avec Jan Du maintenant avec Abchée. Et puis c'est le seul des candidats qui m'a demandé mes dossiers pour les poursuivre. Je tiens vraiment à la réouverture du don du sang. Il ne faut plus grand chose pour y arriver. J'ai été surpris que Rollin Bellony, qui est médecin, ne me demande pas le dossier. L'établissement français du sang ne réside même  pas au sein de l'hôpital. Ils doivent venir avec leur glaciaire; Tout ça à cause de la maladie de Chagas qui est très présente au Brésil et eux n'ont jamais arrêté les prélèvements...

 

 

Et Jean-Yves Mirakoff ?

Il est de chez nous, de Nouvelles forces de Guyane mais il n'a pas notre investiture. Je me suis entretenue avec lui en juillet, il devait me rappeler en septembre. Je n'ai pas reçu de coup de fil. Je ne sais pas pourquoi il s'engage dans cette élection. je crois qu'il s'est rapproché de Rodolphe Alexandre et qu'il va quitter NFG pour Guyane Rassemblement.

 

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