Tentative d'homicide requalifiée en violences avec arme : un membre du Comando vermelho jugé en comparution immédiate
Rodrigues Quintela Edicleison, un factionné brésilien recherché dans son pays, a été condamné en Guyane a quatre ans de prison pour des faits qui auraient pu être criminalisés
Nous sommes le 18 avril 2026. Une équipe de la gendarmerie de Kourou est envoyée vers un habitat informel du dégrad Saramaca. L'intervention concerne à ce moment-là des faits de violences intrafamiliales.
"Au cours de ces événements, un tiers, armé d'un revolver, a ouvert le feu à plusieurs reprises sur l'auteur des violences intrafamiliales, le blessant par balle à la cuisse avant de prendre la fuite", raconte la gendarmerie de Guyane.
Des investigations sont menées par la brigade de recherches de Kourou avec la section de recherches de Cayenne. Elles permettent d'identifier le tireur. Il s'agit de Rodrigues Quintela Edicleison, un Brésilien, défavorablement connu dans son pays et recherché pour exécuter une peine prononcée pour meurtre et de trafic de stupéfiants. L'homme de 41 ans fait aussi l'objet d'une notice rouge Interpol et d'un mandat d'arrêt international émis par la justice brésilienne. L'enquête permet de confirmer son appartenance à la faction armée du Comando vermelho (CV), l'une des quatre factions brésiliennes implantées en Guyane.
Il aurait pu encourir 30 ans
Le 3 juillet 2026, une opération menée avec l'antenne GIGN de Cayenne aboutit à l'interpellation du suspect. Les militaires saisissent un revolver de calibre 38. L'arme est approvisionnée.
Alors que la gendarmerie de Guyane parle de "tentative d'homicide", des faits criminels jugés par une cour d'assises, le Parquet décide de ne pas ouvrir d'information judiciaire. L'affaire passe en comparution immédiate - une procédure accélérée - trois jours plus tard. Les faits sont requalifiés en "violences avec usage d'une arme suivie d'incapacité supérieure à huit jours." Une délit passible de 5 ans d'emprisonnement alors que la tentative de meurtre peut être punie de 30 ans de réclusion criminelle.
Rodrigues Quintela Edicleison a été condamné à quatre années d'emprisonnement pour les actes commis le 18 avril 2026. Cette affaire est un nouvel exemple de la correctionnalisation en Guyane. Cela permet, certes, d'alléger la pile de dossiers des juges d'instruction. Mais le fait de ne pas pousser les investigations lorsqu'il s'agit d'individus aussi violents que les factionnés peut interroger.
Au moins dans ce cas, l'homme sera remis aux autorités brésiliennes à l'issue de sa peine en France pour purger la sentence pour laquelle il a été condamné au Brésil.

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