« Choc capacitaire » face à la cocaïne : 419 millions d’euros et 545 recrues pour les douanes
Le gouvernement a dévoilé ce jeudi 2 juillet un plan « Douanes 2030 » de 419 millions d’euros pour faire face à ce que le ministre des Comptes publics, David Amiel, qualifie de « déferlante » de cocaïne. Au premier semestre 2026, les saisies ont déjà bondi de 30 %.
La lutte contre le narcotrafic s’intensifie. Ce jeudi 2 juillet, à l’issue d’une nouvelle réunion interministérielle présidée par Emmanuel Macron, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a présenté un « plan Douanes 2030 » doté de 419 millions d’euros d’investissements. Objectif : faire face à une offre de cocaïne qui ne cesse de croître, alimentée par des réseaux « tentaculaires » et des « technologies de pointe ». Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, les douanes ont saisi près de 109 tonnes de produits stupéfiants, dont plus de 31 tonnes de cocaïne. Et la tendance s’accélère : « Au premier semestre 2026, c’est une augmentation nouvelle de 30 % des saisies que nous avons pu constater », a indiqué David Amiel lors d’un point presse.
« Face à ce choc d’offres, il faut un choc capacitaire », a martelé le ministre. Le plan prévoit ainsi 545 créations nettes d’emploi pour un effectif actuel d’environ 16 500 agents. « 50 % seront dédiées au renforcement des services de première ligne, donc des services de contrôle, et environ 20 % aux services de ciblage en amont et d’investigation en aval », a précisé le directeur général des douanes, Florian Colas. Sur le plan technologique, 25 scanners supplémentaires seront déployés d’ici 2030, soit un doublement du parc actuel. Il s’agira de scanners fixes capables de « scanner à une très grande vitesse une très grande volumétrie de conteneurs », mais aussi de scanners mobiles lourds pour les ports, notamment ultramarins, et de scanners tomographes dans les centres postaux.
Une deuxième ligne de défense pour les Outre-mer
Les Antilles et la Guyane, principales portes d’entrée des drogues vers le territoire national, sont en première ligne. Les ports de Martinique, Guadeloupe, Guyane et La Réunion, qui disposent déjà d’un scanner léger, bénéficieront d’une « deuxième ligne de défense » avec des scanners mobiles lourds, dont le déploiement est prévu dès 2027. Dans les aéroports, un nouveau type de scanner permettra de contrôler plus systématiquement les bagages à la sortie des avions. Pour accompagner cette montée en puissance, les douanes investiront également dans des outils de ciblage avancés, dont une banque d’images alimentée par l’intelligence artificielle pour détecter les stupéfiants dans tout type de transport (colis, camions, conteneurs), ainsi qu’un traitement approfondi des données logistiques.
La CGT a réagi avec prudence. Dans un communiqué, le syndicat regrette que les créations de postes soient « très loin du niveau historique » annoncé en avril par David Amiel, qui évoquait alors plus de 1 000 recrutements. La centrale dénonce également des « chantiers déjà engagés ou des annonces déjà faites de longue date ». Ce plan intervient alors que la fusillade de Capesterre-Belle-Eau, mardi soir, à une nouvelle fois mit en lumière les ravages du narcotrafic en Guadeloupe. Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters