La correctionnalisation à outrance fait grincer des dents
Afin d'accélérer le processus de la justice, des faits qui devraient habituellement nécessiter une enquête longue, et être criminalisés, sont souvent correctionnalisés. Ces affaires sont alors jugées comme des délits.
Dans son bureau au tribunal judiciaire de Cayenne, au Larivot, une juge énumère les affaires passées et à venir en consultant ses dossiers. « Là, c'est un viol correctionnalisé, ici une tentative de meurtre qui devient des violences avec arme ». Quasiment une fois par semaine, et parfois jusqu'à trois, la magistrate est confrontée à des crimes qui sont jugés comme des délits lors de ses audiences. C'est ce qu'on appelle la correctionnalisation de la justice. La décision vient parfois du procureur, qui a l'initiative des poursuites, peut décider de ne pas entamer d'enquête pour juger des faits rapidement en comparution immédiate, avec l'accord de la victime. Elle peut aussi émaner du juge d'instruction, qui après plusieurs mois ou années d'enquête, peut choisir de requalifier les chefs d'accusation au vu des éléments qu'il a à sa disposition.
Cela signifie qu'un homme accusé de viol, qui est un crime, peut par exemple se retrouver à comparaître devant la justice pour agression sexuelle devant le tribunal correctionnel, qui juge les délits, au lieu de passer aux Assises, une procédure beaucoup plus longue. La peine maximale...

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