Vol d'or sur des garimpeiros : les militaires condamnés sans mandat de dépôt
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

Vol d'or sur des garimpeiros : les militaires condamnés sans mandat de dépôt

Gaëtan TRINGHAM
Photo d'archive d'une opération militaire dans une zone orpaillée illégalement
Photo d'archive d'une opération militaire dans une zone orpaillée illégalement • .

Plusieurs peines comportent une partie ferme, aménagée sous bracelet électronique

Première conclusion dans l'affaire des militaires accusés d'extorsion avec violence et de vol en réunion sur des orpailleurs illégaux. Les peines ont été prononcées le 12 mai par le tribunal correctionnel de Cayenne.

Sept des huit ex-soldats du 9e Rima (Régiment d'infanterie de marine) ont été condamnés à des peines allant jusqu'à trois ans de prison, dont deux avec sursis pour l'un d'entre eux, William Bretchfeld. La partie ferme de sa peine doit être réalisée sous bracelet électronique avec obligation de travail, une interdiction de porter une arme pendant 5 ans et une interdiction du métier militaire.

Comme lui, quatre autres ont été condamnés, en partie, à une peine ferme. Tom Requena (30 mois de prison, dont 20 avec sursis), Jeremy Guianvarch (24 mois, dont 15 avec sursis), El Amine Mohamed-Said (24 mois, dont 15 avec sursis) et Olivier Guenego (18 mois dont 12 avec sursis) doivent purger leur peine sous bracelet électronique à domicile. Cet aménagement de sanction signifie qu'ils n'ont pas de mandat de dépôt et ne passeront pas par le centre pénitentiaire.

Radiés de l'armée

Eux aussi écopent soit d'une interdiction définitive du métier militaire, soit une interdiction pendant cinq ans. À noter qu'avant cette décision judiciaire, six des militaires avaient déjà été radiés de l'armée. "Ce genre de comportement est contraire aux valeurs de l'armée et nous appliquons une tolérance zéro vis-à-vis de ces agissements", affirment les Forces armées en Guyane au sujet de cette affaire.

Aussi membres de cette équipe, Christophe Anakaba et Benjamin Bourguignon obtiennent 18 et 10 mois entièrement avec sursis. Un 8e homme a été relaxé par le tribunal. Un 9e soldat, dont l'avocate était indisponible lors de l'audience du 30 mars, doit être jugé le 28 septembre.

Pour plusieurs dizaines de grammes

Pour rappel, les faits en question remontent à octobre 2024, sur un site d'orpaillage illégal situé sur la commune de Saint-Laurent du Maroni, vers le secteur Sparouine. Selon les éléments rapportés à l'audience, les militaires auraient fouillé les carbets et menacé de tout brûler, si on ne leur remettait pas 50 grammes d'or. La plupart des ex-soldats clamaient leur innocence, affirmant avoir suivi la consigne de collecter du renseignement sans être vus. Mais la mission aurait dérapé. Une fois aperçus par les clandestins, ils disent avoir discuté avec eux pour en savoir plus sur leur activité.

Les militaires seraient finalement repartis avec 43 g du métal précieux ainsi que plusieurs objets appartenant aux garimpeiros. Deux des militaires reconnaissaient certains faits de remise d'or par les clandestins.

Nous ne savons pas encore si les soldats feront appel.

L'opération Harpie est menée dans la forêt guyanaise par les militaires pour lutter contre l'orpaillage illégal depuis 2008.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger