Extorsion présumée de militaires sur des garimpeiros : le délibéré attendu ce 12 mai
Jusqu'à trois ans de prison avec sursis ont été requis lors de l'audience du 30 mars
L'affaire des militaires accusés d'extorsion par violence et de vol en réunion sur des orpailleurs illégaux a été jugée, le 30 mars dernier, par le tribunal correctionnel de Cayenne.
Les neuf ex-soldats du 9e Rima (Régiment d'infanterie de marine), sont soupçonnés d'avoir volé plusieurs dizaines de grammes d'or à des garimpeiros. Un des orpailleurs illégaux et une cuisinière du site illégal avaient déposé plainte à leur encontre à la gendarmerie de Saint-Laurent du Maroni, en octobre 2024.
Comme les prévenus sont domiciliés en hexagone, le procès se tient en visioconférence. D'après les témoignages à l'audience, rapportés par Guyane 1ere, les soldats auraient menacé de tout brûler, si on ne leur remettait pas 50 grammes d'or.
Les militaires disent avoir suivi les consignes
La plupart des militaires ont clamé leur innocence : ils affirment avoir suivi la consigne de collecter du renseignement sans être vus, puis une fois aperçus par les clandestins ont discuté avec eux pour en savoir plus sur leur activité. Toujours selon Guyane 1ere, deux des militaires ont reconnu certains faits : un reconnaît la remise d'or par les clandestins, l'autre reconnaît avoir accepté quelques grammes "comme un souvenir."
Jean-Christophe Sintive, l'ancien général de la gendarmerie de Guyane, affirmait au sujet de ce dossier : " toutes les affaires internes, qui sont portées à la connaissance de la gendarmerie sont traitées. Il en va de la crédibilité de notre action. Il n'y a pas de poussière mise sous le tapis. Dès qu'on a connaissance de fautes internes, elles sont prises en compte."
Lorsque France-Guyane révélait l'affaire en janvier 2025, le Parquet nous assurait qu' "il n'y aura aucune tolérance sur ce dossier."
Différentes réquisitions
À l'audience, le procureur a requis une peine de trois ans de prison, dont deux avec sursis, contre les quatre plus hauts gradés. Le Parquet a aussi requis 18 mois de prison, dont la moitié avec sursis, contre trois autres et six mois avec sursis contre un dernier. Un 9e militaire suspecté dans cette affaire sera jugé en septembre.
L'extorsion par violence peut être punie jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende par le juge.
Les avocats de la défense, venus d'hexagone, ont plaidé la relaxe des militaires. Ils pointent du doigt certaines failles de l'enquête et le fait que le dossier repose sur des déclarations.
Les Forces armées en Guyane (FAG) confirment que six des militaires concernés ont été radiés de l'armée. Elles indiquent à France-Guyane : "Ce genre de comportement est totalement contraire aux valeurs de l'armée et nous appliquons une tolérance zéro vis-à-vis de ces agissements."

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