Interpellation à Régina d'Auguste Prosper : Christiane Taubira réclame des explications
Auguste Prosper, un retraité de Régina, aurait été interpellé en plein bourg par des gendarmes
L'affaire, révélée par Guyane la 1ère, continue de susciter des réactions. Selon les informations diffusées le 14 mai par le média public, Auguste Prosper, un retraité de Régina, aurait été interpellé en plein bourg par des gendarmes alors qu'il faisait ses courses, dans le cadre d'un conflit de voisinage.
Le motif de la garde à vue, selon le retraité : insultes et dégradation d'un bien privé dans le cadre d'un supposé conflit de voisinage. D'après son témoignage, l'ancien fonctionnaire affirme avoir été victime de menaces et de violences : " Ce gendarme s'est penché sur moi, il a déposé son genou sur mon plexus, et il m'a dit : "s'il arrive quelque chose à ma maison, à moi, à mes chiens, à tes voisins, à leurs maisons, à leurs chiens ou à un bien quelconque, je te tue". Il m'a dit ça devant tous ses collègues. Si tu ne te lèves pas, tu vas voir. Et c'est comme ça qu'ils se sont mis à me taper. Ils m'ont donné des coups de genoux, des coups de pied, des coups sur le visage. "
Le retraité a porté plainte. La procureure a ouvert une enquête pour violence sans Incapacité Totale de Travail (ITT) par personne dépositaire de l'autorité publique, confiée à la brigade territoriale de gendarmerie de Macouria.
Un comportement délétère
"Sollicitée, la direction de la gendarmerie évoque " le comportement délétère et irrespectueux de Monsieur Prosper, documenté au cours de la garde à vue en lien avec le parquet ". L'intéressé dément et précise qu'on ne lui a pas fait présenter de procès-verbal de garde à vue pour signature", souligne les confrères de Guyane la première.
Dans un communiqué publié ce vendredi 15 mai, Christiane Taubira demande plusieurs clarifications sur cette affaire : la nature exacte du conflit, les plaintes éventuellement déposées, l'absence de convocation préalable ainsi que les raisons de cette interpellation publique au cœur du village.
"Ces faits ne sont pas l'anecdote d'un jour"
"Ces faits ne sont pas l'anecdote d'un jour. Ces clarifications sont indispensables, car nous ne voulons pas consentir sans émoi, à l'idée que des libertés sont prises avec les procédures parce que des faits se déroulent dans une commune rurale", prévient l'ancienne Garde des Sceaux.
"La Guyane étant territoire d'identité législative, le droit commun s'y applique, en dépit de l'apparence et du caractère présumé des personnes, ou de l'éloignement des lieux. Nous sommes soucieux et impatients de disposer de ces éléments", conclut Christiane Taubira.

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