Camopi : un poste de contrôle fluvial promis sous trois semaines face à la pression de l'orpaillage illégal
Des habitants interpellent les orpailleurs illégaux lorsqu'ils passent sur le fleuve en pleine journée
Le préfet de Guyane, Antoine Poussier, s'est rendu lundi à Camopi " afin d'échanger sur les enjeux de la lutte contre l'orpaillage illégal ". Selon le maire de la commune, Laurent Yawalou, il a échangé avec " les élus, la population et les chefs coutumiers ".
À l'issue de la rencontre, il a été annoncé un poste de contrôle fluvial tenu par les forces de l'ordre sera mis en place " d'ici à trois semaines " à Camopi (bourg).
Des tensions qui montent
" J'ai adressé un courrier au préfet car les tensions vont crescendo ", explique l'édile. Des habitants de Camopi ont mis en scène leur ras-le-bol, il y a trois semaines. Ils ont voulu fabriquer leur propre barrage qui a été très rapidement démantelé par les gendarmes.
Selon le maire, il s'agissait d'une " entrave à l'ordre public ". Ce dernier craint aussi pour la sécurité de ses habitants, qui interpellent les orpailleurs illégaux lorsqu'ils passent sur le fleuve en pleine journée : " J'essaye de calmer les tensions, pour laisser l'État faire son travail, sinon on risque de se mettre en danger face aux cartels. " La principale revendication des habitants concerne le bruit fait par les moteurs de pirogues la nuit, qui sont " de plus en plus nombreuses, avec des moteurs de plus en plus puissants ".
Gendarmes et militaires présents
Au lendemain de la rencontre, le maire estime que la population est satisfaite de cette rencontre. " Le préfet a répondu à la demande de la population, en annonçant qu'un barrage serait installé d'ici à trois semaines. " Il s'agit d'un PCF (poste de contrôle fluvial), qui sera donc tenu par des gendarmes ou des militaires des Forces armées en Guyane.
L'un des représentants de la nation Teko Mathias Barcarel, est satisfait. « Le barrage, c’est exactement ce que l’on attendait, on n’a pas d’autres demandes […] J’espère qu’il sera mis en place vite. »
Selon Laurent Yawalou, " il y aura peut-être des mesures administratives à mettre en place et un peu de pédagogie pour la population car s'il y a un barrage, il faut que chacun ait l'immatriculation de sa pirogue et ses papiers sur soi ".
La préfecture a aussi annoncé un " renforcement des patrouilles franco-brésiliennes " sur la zone de Camopi.

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