Roseman Robinot : " Je suis très ancrée dans la mémoire afrodescendante"
Sa participation à l'exposition Paris Noir lui a valu d'être invitée à trois nouvelles expositions en Guadeloupe
L'artiste Roseman Robinot a ouvert les portes de son atelier aux curieux les 10 et 11 mai.
Ses œuvres, qui décorent chaque recoin de la pièce, partiront bientôt vers de nouveaux musées, peu de temps après la participation de l'artiste à l'exposition Paris Noir, organisée au Centre Pompidou en 2025.
L'histoire et la culture comme inspiration
Ses œuvres sont liées à l'histoire locale, mais aussi aux racines africaines de la culture guyanaise. Sa dernière exposition en Guyane, La mémoire de l'eau, s'inspirait beaucoup " du personnage légendaire de Manman Dilo ".
Roseman Robinot mène ainsi un travail de recherche historique, " sur l'humain, la culture et les syncrétismes ", pour nourrir sa création. Bien qu'elle soit née en Martinique, elle vit en Guyane depuis 1978 et se dit aujourd'hui profondément attachée au territoire.
" Je suis beaucoup dans le lieu que j'habite, avec des inspirations qui partent des légendes mais aussi de notre histoire d'afrodescendants. Je suis très ancrée dans cette mémoire-là. "
L'importance du regard
Sur presque tous ses personnages, peints, sculptés ou même brodés, reviennent des expressions intenses et des yeux grands ouverts.
" Je regarde toujours les yeux des gens. Ce qui m'intéresse, c'est leur regard. C'est un miroir de l'âme dont je ne me lasse pas. "
Dans un grand bac reposent des dizaines de petites statuettes drapées d'un voile, qu'elle décrit comme " un travail sur la vie et la mort, même s'ils gardent les yeux ouverts ". Ces sculptures lui ont été inspirées par la mort de sa mère, et leur réalisation lui a permis de faire son deuil.
Mêler les savoir-faire guyanais
Dans le grand atelier, plusieurs pièces ont été réalisées grâce aux connaissances techniques d'autres acteurs du territoire.
" Je m'appuie beaucoup sur le savoir-faire local, le territoire est très puissant. "
Deux petits bancs en bois noir massif attirent particulièrement l'attention. L'artiste explique s'être rendue en forêt avec un ami appartenant au peuple saamaka afin qu'ils choisissent ensemble un bois de simarouba.
L'arbre a ensuite été débité puis taillé sur place pour devenir des bancs incurvés, inspirés selon elle des bancs royaux sénoufo.
Dans le même esprit, elle fait référence aux maisons guyanaises en gaulettes, ces kaz en bois " tressé " autrefois répandues en Guyane. Pour leur rendre hommage, Roseman Robinot a créé plusieurs œuvres reprenant cette technique.
" C'est un travail de tissage et de tressage, appuyé sur le savoir-faire local. J'ai repris le même geste avec des femmes volontaires en leur faisant faire les mêmes nœuds. "
Roseman Robinot transmet la Guyane et ses mythes depuis son atelier de Rémire jusqu'aux musées internationaux tel celui de Beaubourg ou du Macte en Guadeloupe... depuis près d'un demi-siècle.
Trois expositions en Guadeloupe à venir
Roseman Robinot est attendue pour trois expositions en Guadeloupe, dont deux où elle sera la seule à représenter la Guyane.
Au Mémorial ACTe, " Nou an péyi révé : Traversées de la mangrove " accueillera son travail du 22 mai au 29 août 2026.
Le salon Pool Art Fair lui ouvrira ensuite ses portes pour trois jours, les 26, 27 et 28 juin 2026.
Enfin, l'artiste exposera de nouvelles œuvres, toujours au Mémorial ACTe, d'octobre 2026 à février 2027.

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