À Soula, 25 collègiens préparent un voyage entre culture, sport et mémoire au Sénégal
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Voyage scolaire

À Soula, 25 collègiens préparent un voyage entre culture, sport et mémoire au Sénégal

Oriane REALLE ; o.realle@agmedias.fr
Collecte de fonds, production de supports de communication...Les futurs élèves de troisième sont acteurs du projet.
Collecte de fonds, production de supports de communication...Les futurs élèves de troisième sont acteurs du projet. • COLLÈGE ANTOINE-SYLVÈRE-FÉLIX

C'est un projet interdisciplinaire et inédit dans lequel se sont lancés de futurs élèves de troisième du collège Antoine-Sylvère-Félix.

Vingt-cinq élèves de 4e du collège Antoine-Sylvère-Félix, à Soula, préparent un voyage au Sénégal, prévu à l'automne 2026, à l'occasion des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ). Ce projet s'inscrit dans la continuité de l'option olympique créée dans l'établissement il y a deux ans.

Entre découvertes sportives, travail de mémoire autour de l'esclavage, échanges interculturels et sensibilisation à l'environnement, ce séjour vise à ouvrir les horizons d'élèves scolarisés en réseau d'éducation prioritaire renforcé (REP+). 

" L'idée, c'est de faire vivre aux élèves un événement international tout en construisant un véritable projet pédagogique ", explique Thomas Montois, professeur d'EPS et coordinateur.

Un projet entre sport, mémoire et éco-sensibilisation

"L'objectif, ce n'est pas seulement d'emmener les élèves voir des épreuves sportives. C'est aussi d'intégrer tout le volet culturel du pays pour qu'ils découvrent autre chose que ce qu'il se passe en Guyane ", poursuit l'enseignant.

Les collégiens devraient assister à plusieurs épreuves des JOJ, parmi lesquelles la natation, l'équitation, la lutte ou encore l'aviron. Un échange artistique figure au programme. " Les élèves ont reçu une formation en breakdance avec un spécialiste. Ils ont créé une chorégraphie avec l'objectif de la reproduire au Sénégal avec un groupe international afin de confronter et faire évoluer la prestation. "

Le séjour comprend aussi un important travail historique. Ce volet mémoriel est construit en trois temps, explique Florence Luchier, professeure d'histoire-géographie. "En amont, les élèves travaillent sur les enjeux de mémoire, notamment à travers la loi Taubira, des recherches au CDI et la réalisation de supports sur la traite négrière et ses conséquences".

Sur place, ils visiteront la maison des esclaves à Gorée, rencontreront des historiens et réaliseront des prises de vue destinées à des productions, comme une bande dessinée ou un carnet de voyage.

Des élèves impliqués dans le projet

Au retour, un travail de mise en perspective sera mené avec le territoire guyanais. Des sorties sur des sites comme l'habitation Loyola ou les îles du Salut permettront d'établir des liens concrets et de prolonger la réflexion. 

Dans le programme, des sorties au lac Rose et dans la réserve de Bandia permettront aussi d'aborder les enjeux environnementaux. " Les élèves pourront comparer ce qu'ils voient au Sénégal et en Guyane et réfléchir à la préservation de leur environnement, à l'échelle locale et internationale ", ajoute l'enseignant.

Vente de plantes, de chips de crevettes, tournoi de basketball solidaire ou encore tournoi de futsal : les élèves participent aux actions de financement.

" Une collecte de fonds en ligne s'est terminée mardi. Les élèves ont démarché des habitants et des entreprises de leur quartier pour obtenir des dons ", précise le coordinateur. Une soirée des arts et une tombola sont prévues d'ici la fin de l'année scolaire.

Un financement à consolider

Le coût du projet est estimé à 80 000 euros, en limitant la participation des familles. " On vise moins de 50 euros par famille parce qu'on veut que le voyage soit accessible à tous. Certains ont de grandes difficultés socio-économiques, on est dans un quartier défavorisé."

Mais des incertitudes demeurent. " Le problème d'un tel projet, c'est le financement. Pour le moment, on est en retard et cela peut compromettre le voyage ", reconnaît Thomas Montois. Les prochaines semaines doivent permettre de confirmer sa faisabilité, avec un départ du lundi 26 octobre 2026 au dimanche 8 novembre 2026.

Le projet mobilise deux enseignants d'EPS, ainsi que des professeurs d'histoire-géographie, de français et de SVT.

À leur retour, un travail de restitution sera engagé, avec différents supports de communication. 

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