Remplacement des enseignants : le SNUipp Guyane dénonce des dysfonctionnements
Le rectorat n'observe pourtant "aucune dégradation brutale de la situation"
Le syndicat SNUipp Guyane dénonce des dysfonctionnements dans la gestion du remplacement des enseignants du premier degré en Guyane. "La gestion aléatoire des besoins et des ressources met à mal la continuité pédagogique, la scolarité des élèves et le métier des collègues", relève le syndicat.
Sa représentante sur le territoire, Suley Jair estime que "l'administration ne remplace pas assez les collègues quand il y a des besoins et n'affecte pas les remplaçants sur les postes alors même qu'ils sont disponibles".
"Le dysfonctionnement crée une souffrance au sein de l'école"
Les conséquences sont diverses. Les enfants sont dispatchés dans d'autres classes et se retrouvent parfois dans des salles à plus de 30 élèves.
"Dans ces conditions, on ne fait pas le même boulot. On fait du gardiennage", déplore Alexandre Dechavanne un autre représentant du syndicat, lui-même prof remplaçant. Les conditions d'apprentissage sont dégradées pour les élèves. Les enseignants ont plus de mal à assurer leurs cours. "C'est une désorganisation de la continuité pédagogique. Le dysfonctionnement crée une souffrance au sein de l'école jusqu'aux élèves", ajoute Suley Jair. Cette situation s'est dégradée il y a quelques mois à la suite d'une réorganisation. D'après le rectorat de Guyane, la réorganisation du service a été mise en place en mars 2026, "conformément aux directives nationales." Il annonce la création prochaine d'un "groupe de travail " "afin d'avoir une vision partagée et précise de la situation."
Pas de dégradation selon le rectorat
D'après l'académie, "aucune dégradation brutale de la situation" n'a été observée. "Les chiffres restent globalement stables entre fin février et mi-mai."
Selon un document fourni par le syndicat, le taux de remplacement souhaité par le ministère dans le premier degré en Guyane est de 70 %, mais il atteint 54 % en 2025/26. Le recteur se félicite pourtant d'avoir, sur les deux dernières années, renforcé les moyens alloués au remplacement de près d'une trentaine de postes, portant le nombre d'emploi dédiés à 328 alors que les syndicats en réclament une quarantaine de plus.
Les ordres de mission arrivent après le début des classes
Autre complication, lorsque des remplacements sont effectués, les ordres de mission ne sont envoyés qu'à 9 heures, voire plus tard, alors que les élèves sont censés commencer, pour certains, dès 7 heures.
Un temps de latence qui fait perdre une bonne partie de la matinée d'enseignement. Les professeurs ont du mal à comprendre. "Nous n'avions jamais reçu nos ordres de mission aussi tard auparavant", constate une remplaçante de l'académie.
Le rectorat répond que "lorsque les absences des enseignants sont déclarées tardivement, cela peut entraîner des retards dans l'envoi des remplacements."
Pourtant, plusieurs cas d'absences programmées depuis de longue date, pour lesquelles l'ordre de mission arrive le jour même, nous ont été signalés.
La situation est à suivre. Il faudra observer les effets de la mise en place du groupe de travail annoncé par l'administration.

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