Julien Roelens, avocat de Jordan Rizzi :« Le secret de l'instruction permet à la défense de rééquilibrer le débat public »
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JUSTICE

Julien Roelens, avocat de Jordan Rizzi :« Le secret de l'instruction permet à la défense de rééquilibrer le débat public »

Propos recueillis par Richard GARNIER r.garnier@agmedias.fr
« La décision de remettre mon client en liberté sous contrôle judiciaire est sans lien avec un éventuel traitement de faveur prétendu par certains », affirme Maître Julien Roelens, avocat de Jordan Rizzi.
« La décision de remettre mon client en liberté sous contrôle judiciaire est sans lien avec un éventuel traitement de faveur prétendu par certains », affirme Maître Julien Roelens, avocat de Jordan Rizzi. • RICHARD GARNIER

INTERVIEW. Mis en examen pour viols, viols en réunion, violences et harcèlement, Jordan Rizzi avait été placé en détention provisoire, avant d'être pris en charge par un service psychiatrique en raison d'un risque suicidaire. Son avocat, Maître Julien Roelens, précise que ce dernier constat n'a pas été le seul élément qui justifie que son client soit finalement placé sous contrôle judiciaire dans l'Hexagone.

Les réseaux sociaux se sont insurgés de la remise en liberté sous contrôle judiciaire de votre client Jordan Rizzi (animateur de radio et de télévision), quelle précision souhaitez-vous apporter à ce sujet ?

Mon client est passé devant la Chambre de l'instruction auprès de la cour d'appel, qui a étudié le dossier pièce par pièce. Il a été estimé qu'en l'état, au vu du contexte, au vu du dossier, un contrôle judiciaire était parfaitement possible. D'autant que Jordan Rizzi avait formulé une proposition de contrôle judiciaire dans l'Hexagone, afin de prendre de la distance et pouvoir préparer sa défense dans les meilleures conditions. C'est ce qui a été accepté.

Ce fameux rapport médical qui dit qu'il est suicidaire n'a-t-il pas beaucoup pesé ?

C'est effectivement un élément de contexte en plus. Toutefois, la décision est sans lien avec un éventuel traitement de faveur qu'on pourrait aujourd'hui imaginer et prétendu par certains. Maintenant, certains diront peut-être qu'il n'y a pas la possibilité en Guadeloupe de maintenir dans une unité spécialisée hospitalière quelqu'un sous mandat de dépôt ? Toujours est-il que si la justice veut et doit maintenir quelqu'un qui a besoin de soins hospitaliers sous mandat de dépôt, elle doit pouvoir le faire. Ce n'est pas ce qui a été décidé pour lui. Il a été placé sous contrôle judiciaire et c'est bien parce que la justice considère qu'un tel statut, d'une part, ne met pas en danger l'enquête. Et d'autre part, ne met pas en danger d'autres personnes et qu'il permettra de poursuivre cette procédure dans des conditions sereines et adaptées.

Cet éloignement autorisé, n'a-t-il pas été décidé aussi pour le rapprocher d'un proche qui vit dans le Nord-Pas-de-Calais ?

Oui, je ne rentrerai pas dans le détail, mais il se rapproche d'une partie de sa famille. Il est extrêmement soutenu par les siens et aujourd'hui, je peux assurer qu'il est évidemment affaibli par la situation, mais qu'il est aussi extrêmement déterminé, concentré. Il va démontrer son innocence sereinement, entouré des siens dans l'Hexagone.

Il avait tout de même été placé en détention provisoire au moment de son déferrement judiciaire. Pensez-vous que ce contrôle judiciaire rétablit la règle qui veut que la détention provisoire demeure l'exception ?

Tout à fait. Car malheureusement, l'on constate que le placement en détention provisoire constitue un objet de communication pour le parquet qui la requiert. Pour démontrer une fermeté dans certains domaines à l'encontre de certaines personnes. Leurs affaires deviennent de facto médiatisées. Je crains qu'il y ait un peu de cela dans l'affaire de Jordan Rizzi. Il s'agit d'une affaire dont les faits remontent à un certain temps. Un dossier pour lequel le parquet a apporté des éléments et dans lequel il y a une contestation et qui sera l'objet de l'instruction. Et l'on a tout de suite prononcé cette décision de détention provisoire. Qui ne fut donc pas une exception. Mais bien une mesure de principe réclamée par le parquet.

Avez-vous été étonné du fait que deux autres personnes aient été mises en examen pratiquement en même temps, pour viol en réunion notamment et aient été tout de suite placées sous contrôle judiciaire ?

C'est l'un des éléments qui tend à penser que Jordan Rizzi fait aussi l'objet d'une volonté d'affichage, de fermeté de la part du parquet. Puisqu'on a d'autres personnes qui sont mises en cause dans la même affaire.

En ce début d'information judiciaire, pourquoi tenez-vous à prendre la parole ?

En tant qu'avocat, je suis couvert par le secret de l'instruction. Dans le code de procédure pénale, il faut le rappeler, ce secret permet tout de même à la défense de rééquilibrer le débat public, en faveur de la défense des intérêts de son client. Reste qu'à ce stade, je fais confiance à la juge d'instruction qui a été saisie. Nous lui apporterons de nombreux éléments au cours des prochaines semaines et prochains mois. Et nous resterons tout à fait optimistes sur le fonctionnement de la justice dans cette affaire.

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