Les greffiers mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail en Guyane
Premier point soulevé : l'éclatement des services judiciaires sur plusieurs sites
Après un mouvement de grève national organisé la veille, les greffiers du tribunal judiciaire de Cayenne ont poursuivi la mobilisation avec un rassemblement local, mercredi 30 septembre. Une manière, pour ces agents, de mettre en lumière les difficultés propres à l'exercice de la justice en Guyane.
"On souhaite se faire entendre ", explique Ophélie Portaluri-Roualet, greffière au tribunal judiciaire de Cayenne, affectée au tribunal pour enfants. Pour les personnels mobilisés, les problématiques rencontrées localement dépassent celles observées dans l'Hexagone, en matière de moyens humains, matériels et de conditions de travail.
Des bureaux
surchargés
Premier point soulevé : l'éclatement des services judiciaires sur plusieurs sites. Cour d'appel, pôle des affaires familiales et juge des contentieux de la protection à proximité de la cathédrale, pôle pénal et mineurs à Matoury… Une organisation qui complique le quotidien des agents, mais aussi celui des justiciables. " Beaucoup se présentent ici alors qu'ils doivent aller à Matoury ", témoigne la greffière. Une difficulté accentuée pour les personnes ne disposant pas de moyen de transport.
Les locaux sont au cœur des revendications. Selon les personnels, certains bureaux sont surchargés et ne permettent pas d'accueillir les agents et le public dans de bonnes conditions. La future cité judiciaire de Cayenne, dont la construction a débuté cette année après plusieurs années d'attente, suscite elle aussi des inquiétudes. Les personnels estiment que les capacités prévues seraient déjà insuffisantes au regard des effectifs.
La formation constitue une autre préoccupation. Les jeunes fonctionnaires doivent suivre une formation régulière au cours de leurs premières années d'exercice. Or, selon les greffiers, l'offre disponible en Guyane ne permet pas toujours de répondre aux besoins. Ils demandent une véritable prise en compte des spécificités ultramarines dans l'accès à la formation.
Les agents réclament davantage de facilités pour la mobilité, afin de permettre aux fonctionnaires venus travailler en Guyane de pouvoir rejoindre plus facilement leurs proches après plusieurs années sur le territoire.
Derrière ces revendications, les greffiers alertent surtout sur les conséquences du manque de moyens sur le fonctionnement de la justice. Ils demandent des renforts humains, matériels et financiers pour absorber la charge de travail et réduire les délais de traitement des dossiers. " Une justice qui se rend des années plus tard, ce n'est pas possible ", estime Ophélie Portaluri-Roualet.
La mobilisation, est prévue uniquement pour cette journée.

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