Mobilisation des lycéens : des appels au blocus et à la grève circulent en Guyane
Le mouvement est soutenu par la Fapeeg et une intersyndicale
Dans la continuité du mouvement initié en Hexagone, des appels à la mobilisation de lycéens en Guyane circulent sur les réseaux sociaux ce dimanche. "Devant votre établissement, mobilisez-vous, ne rentrez pas en cours. Faites entendre votre choix", affirme un tract signé par le "collectif des étudiants et lycéens de Guyane."
Un autre tract appelle à une grève spécifique à l'Université de Guyane. Les flyers dénoncent de mauvaises conditions, un "manque de moyens", la "précarité", le manque de personnel ou encore l'insalubrité et le faible niveau de sécurité de certains établissements. La sélection pour l'accès aux études supérieures est aussi évoquée.
La Fédération autonome des parents d’élèves et étudiants de Guyane (Fapeeg) apporte "son soutien" au mouvement. Aissatou Chambaud, la présidente, détaille : "Nous voulons dire que leur mobilisation est entendue et que leur engagement mérite d’être soutenu. Nous les encourageons à faire entendre leur voix dans un esprit constructif, en veillant à préserver les établissements et les équipements qui sont aussi les leurs. La force de leur mobilisation réside avant tout dans la légitimité de leurs revendications."
"Aux parents, nous lançons un appel : mobilisons-nous aux côtés de nos enfants ! La réussite éducative est une responsabilité partagée", poursuit la Fapeeg.
La liste exhaustive des établissements concernés n'est pas connue. Mais des appels à la grève ont été relayés au lycée Lama-Prevot, au lycée du Larivot, à Melkior-Garré, ou encore au collège Auguste-Dédé. Un autre tract appelle aussi à un "blocus des établissements et du rond-point du rectorat" dès 5 heures demain.
L'ampleur que la mobilisation prendra n'est pas tout à fait connue.
Une intersyncale enseignante soutient aussi le mouvement. "Nous les soutenons, le gouvernement et nos collectivités doivent répondre à leurs revendications." FSU Guyane, Sud Education Guyane, LDC Guyane, le STEG-UTG, FO et l'UNEF affirment : "Si être écoutées et entendues est une première étape indispensable, ces demandes doivent désormais mener à des transformations réelles. Nous ne transigerons pas sur le respect des droits de nos élèves et sur l'effectivité de la démocratie lycéenne. Elle ne peut être un simple concept désincarné, cantonné aux salles de cours."
En Hexagone, le ministre de l'Éducation nationale estime que les cours seront suspendus lundi dans 400 à 500 établissements. Le ministre décompte depuis les premiers blocages : "78 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés", (...) 24 établissements ont été incendiés ou saccagés". Plusieurs organisations dont le syndicat de la magistrature (SDM), la CGT ou la Ligue des droits de l'Homme ont accusé le gouvernement et les forces de l'ordre de "réprimer" la jeunesse avec des moyens "disproportionnés" ; face à la grande "vulnérabilité des manifestants, essentiellement des enfants", soulignait le SDM.
En Guyane le mouvement a déjà eu un certain écho aux lycées Félix-Eboué, à Cayenne ou encore Bertène-Juminer, à Saint-Laurent.

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