Surinam Airways : voyager à ses risques et périls
Le Boeing utilisé par Surinam Airways pour ses liaisons régionales a subi une défaillance au Guyana
Des passagers bloqués, des correspondances manquées. Les liaisons aériennes opérées par Surinam Airways ressemblent de plus en plus à une loterie. Loin du slogan des années 1980, « Trusted Airwings » (« Les ailes de confiance »), la compagnie mérite désormais le surnom d'« Air Peut-être ».
Le samedi 8 août, l'appareil assurant la liaison intercaribéenne Miami-Georgetown-Paramaribo a interrompu sa route à la suite d'une alerte technique. Il a dû rester immobilisé au sol à Georgetown. Les défaillances techniques font partie des aléas du transport aérien et la sécurité des passagers demeure une priorité absolue. La décision de Surinam Airways l'honore à cet égard. La suite des événements est toutefois moins favorable à la compagnie.
Le vol PY422 Miami-Georgetown-Paramaribo immobilisé
Le Boeing utilisé par Surinam Airways pour ses liaisons régionales a subi une défaillance au Guyana, le contraignant à rester au sol. Les passagers ont été forcés de demeurer à Georgetown dans l'attente d'une solution. L'ensemble des rotations prévues avec cet appareil a également été annulé. Outre la liaison vers Paramaribo, les vols desservant Belém et la Barbade ont été suspendus.
Surinam Airways, qui loue des appareils à son partenaire Global X, n'a pas pu mettre en place de solution de remplacement, faute d'avoir obtenu à temps les autorisations nécessaires. Par effet domino, le vol PY993 reliant Amsterdam-Schiphol à Paramaribo a lui aussi été annulé. Le vol retour vers Miami a été perturbé.
Les passagers concernés ont exprimé de vives critiques à l'encontre de la compagnie. Selon leurs témoignages, l'assistance de base - hébergement, repas et boissons - a fait défaut. Ils dénoncent un manque de communication claire ainsi que des procédures d'indemnisation particulièrement complexes.
Une compagnie en sursis
L'actualité récente est marquée par une succession de plaintes liées aux annulations et aux retards des vols de Surinam Airways. Avec un seul appareil en propre et plusieurs avions loués, la flotte de la compagnie nationale demeure trop réduite pour absorber les imprévus. Chaque incident prend alors des proportions considérables pour les voyageurs.
Lorsqu'un passager achète un billet Surinam Airways, la seule certitude semble être l'incertitude. Partira-t-il à l'heure ? Reviendra-t-il à la date prévue ? Rien n'est garanti.
En déficit chronique, la compagnie est maintenue à flot grâce au soutien du gouvernement. Les informations qui circulent évoquent un déficit mensuel de deux millions de dollars américains. Le dossier est hautement politique. Avec Staatsolie, la compagnie pétrolière nationale, Surinam Airways demeure l'un des symboles du Suriname.
L'image renvoyée à l'international par la compagnie s'est dégradée. Lorsque la réalité financière finira par l'emporter sur les considérations politiques, la question de sa survie pourrait se poser avec acuité.
À ce jour, un Airbus A321 loué assure une partie du programme de vols de Surinam Airways sur les destinations habituellement desservies par la compagnie.
Une dette abyssale
Le conflit qui oppose la compagnie aérienne à ses salariés depuis des années à trouver son dénouement en octobre 2025. Un juge a statué en faveur des employés, et Suriname Airways devra payer les arriérés de salaires disputés depuis 2020. Les sommes en question n'ont pas encore été calculées, mais il s'agit de montants considérables.
Elles correspondent au nouveau calcul des salaires pour cette période de quatre années, majorées des intérêts de retard. Suriname Airways fait ainsi face à un nouveau revers financier.
La société traîne une dette d'environ 100 millions de dollars américains depuis 2020.

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