Le visa surinamais augmente discrètement : simple hausse tarifaire ou symptôme de relations bilatérales fragiles ?
Les Français qui souhaitent se rendre au Suriname devront débourser au moins 50 euros pour obtenir leur droit d'entrée. Une hausse qui met fin au tarif préférentiel accordé aux Français et qui intervient dans un contexte tendu entre Paris et Paramaribo.
Depuis plusieurs semaines, le coût du droit d'entrée au Suriname est passé à 52 euros (ou 50 euros en espèces selon les guichets officiels). Une augmentation silencieuse en Guyane, alors que les habitants du territoire sont nombreux à traverser régulièrement le Maroni pour des raisons familiales, commerciales ou touristiques.
Jusqu'au 31 mars 2026, les Français résidant en Guyane bénéficiaient d'un tarif préférentiel de 25 euros, instauré de manière temporaire afin de favoriser les échanges transfrontaliers.
"Pas de fondement politique ou stratégique connu"
À ce jour, les autorités surinamaises n'ont fourni aucune explication officielle concernant l'augmentation du prix d'entrée sur le territoire. Interrogée par France-Guyane, Gladys Findlay, journaliste du quotidien surinamais De West indique qu'"aucun fondement politique ou stratégique n'est connu pour le moment ". Selon elle, cette augmentation pourrait avant tout répondre à une volonté de renforcer les recettes de l'État. Elle souligne aussi l'absence d'informations concernant une éventuelle évaluation de l'impact sur le tourisme, les échanges transfrontaliers ou d'éventuelles discussions avec les autorités françaises.
Pour la journaliste, la discrétion entourant cette décision s'explique par le manque de communication officielle et d'informations détaillées sur l'objectif et les conséquences de cette mesure.
Des relations franco-surinamaises délicates
S'il n'est pas possible d'établir un lien direct entre cette hausse et les relations diplomatiques entre la France et le Suriname, celle-ci intervient dans un contexte où plusieurs dossiers bilatéraux restent en suspens. Parmi eux figure le protocole frontalier signé le 15 mars 2021, destiné à compléter le traité de Paris de 1915 régissant la frontière entre la Guyane et le Suriname. Ratifié par la France, le texte attend toujours son adoption par le Parlement surinamais.
Dans un entretien accordé récemment à France-Guyane, l'ambassadeur sortant de France au Suriname, Nicolas de Lacoste, estimait que cette ratification était indispensable pour renforcer la coopération dans la lutte contre l'orpaillage illégal, les trafics transfrontaliers et la protection de l'environnement. Ce dernier résumait la situation : "À vous l'or, à nous le mercure." Une manière de dénoncer les conséquences environnementales supportées par la Guyane tandis que le Suriname bénéficierait des retombées économiques de l'orpaillage. Autre illustration des difficultés actuelles : l'arrêt régulier des rotations du bac transfrontalier, une situation dénoncée par les usagers des deux rives du Maroni.
Contacté au sujet de l'augmentation du coût du visa, Nicolas de Lacoste, n'a cette fois-ci pas souhaité répondre. À ce stade, il n'est pas possible d'envisager un possible réexamen du prix ou une mise en place de nouveaux tarifs préférentiels pour les habitants de Guyane.

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