Classes bilingues à Javouhey : le maire de Mana veut maintenir les dispositifs, mais favoriser la mixité
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Classes bilingues à Javouhey : le maire de Mana veut maintenir les dispositifs, mais favoriser la mixité

La rédaction
Dans la salle de classe des petits.
Dans la salle de classe des petits. • BÉRENGÈRE MERLOT

Le maire indique avoir adressé un courrier au recteur de l'académie ainsi qu'au préfet pour faire part de sa position

La réorganisation scolaire liée à l'ouverture de la troisième école de Charvein soulève des questions à Javouhey autour des classes bilingues hmong et nenge.

Si Alberick Benth, le maire de Mana défend le maintien de ces dispositifs, il souhaite en revanche que leur organisation favorise davantage la mixité entre les élèves des différentes communautés.

Le maire indique avoir adressé un courrier au recteur de l'académie ainsi qu'au préfet pour faire part de sa position. Il tient d'abord à préciser qu'il n'est pas opposé à l'enseignement des langues maternelles.

"Les dispositifs bilingues permettent aux élèves concernés de bénéficier d'un enseignement partagé entre le français et leur langue maternelle, avec des enseignants dédiés au hmong et au nenge." Pour le maire, cet enseignement doit être préservé. Mais il estime que les enfants ne doivent pas être séparés durablement en fonction de leur communauté.

Pour l'édile, l'école ne doit pas uniquement être un lieu d'apprentissage. Elle doit aussi contribuer à créer du lien entre les enfants.

Son souhait est donc de conserver les enseignements bilingues tout en permettant aux élèves hmong et bushinengé de se retrouver dans les mêmes classes, afin de favoriser les échanges au quotidien.

" Nous ne sommes pas contre les classes bilingues, mais nous voulons qu'elles soient à l'intérieur de la même salle ", explique-t-il en substance.

L'objectif est, selon lui, de concilier l'apprentissage des langues maternelles avec une plus grande mixité entre les élèves.

Une orientation qui s'inscrit dans une vision plus large du rôle de l'école : " L'école est un relais après la famille de cohésion sociale et de l'apprentissage à connaître l'autre ", défend-il.

Pour le maire, faire cohabiter les enfants dès l'école permettrait ainsi de renforcer le vivre-ensemble et les liens entre les différentes communautés présentes à Mana.

La réorganisation de Charvein
au cœur des discussions

Cette réflexion intervient alors que l'ouverture de la troisième école de Charvein entraîne une nouvelle organisation des établissements scolaires de la commune.

Le maire dit s'interroger sur certains scénarios de répartition des élèves qui auraient été évoqués, avec la possibilité que des enfants bushinengé rejoignent Charvein tandis que les enfants hmong resteraient à Javouhey.

Une organisation qui soulève, selon lui, des questions au regard de la carte scolaire et du principe d'affectation des enfants dans l'école correspondant à leur secteur de résidence.

L'enjeu est donc double : maintenir les dispositifs d'enseignement des langues maternelles tout en évitant, dans leur organisation, de créer une séparation durable entre les communautés.

Une question qui a déjà
suscité des mobilisations 

Le sujet n'est pas nouveau. Le maire rappelle que, par le passé, des parents s'étaient mobilisés pour défendre les classes bilingues lorsque leur maintien avait été remis en question.

Aujourd'hui, le maire défend une position qui se veut différente : maintenir le bilinguisme, mais favoriser la scolarisation commune des enfants. 

Il rapporte que des enseignants auraient fait part de difficultés liées à la séparation des groupes et de tensions communautaires que cette organisation pourrait contribuer à accentuer.

Le rectorat assure que les classes bilingues seront maintenues

" Les classes bilingues n'ont jamais été fermées : elles ont été suspendues temporairement, le temps de la mise en route de la troisième école de Charvein."

Cette période doit permettre de revoir l'organisation des écoles, avec le départ de groupes d'élèves des écoles de Tsi Tchou et de Marchadour et les mouvements de personnels.

Pendant cette phase transitoire, des temps de décloisonnement sont maintenus afin que certains élèves puissent continuer à bénéficier d'un enseignement dans leur langue maternelle. Les enseignants peuvent s'appuyer sur les langues maternelles qu'ils maîtrisent pour accompagner les enfants dans leurs apprentissages.

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