WWF alerte sur l'orpaillage illégal : "ce n'est pas vrai que ça va mieux"
La présidente d'honneur du WWF France (world wide fund for nature) est en Guyane pour soutenir les équipes Wayanas du Haut-Maroni et faire un constat de la situation de l'orpaillage clandestin.
C'est le troisième séjour en Guyane d'Isabelle Autissier. La navigatrice, actuellement présidente d'honneur du WWF France ( fonds mondial pour la nature), s'est rendu sur le Lawa jusqu'à Taluen, pour rencontrer les agents wayana du WWF.
Son constant est inquiétant : " la situation n'est pas bonne et elle s'est plutôt aggravée depuis 2011 [lors de a première visite]. Les derniers chiffres qu'on a eu sur l'ensemble du parc Guyanais, ce sont 239 sites illégaux. On n'a jamais connu ça. Moi, quand je suis arrivé en 2011, il y avait une centaine de sites." Selon la fondation, les populations Wayana, confirment une présence des garimpeiros plus importante aujourd'hui.
Les " gardiens du Haut-Maroni ", des jeunes de la communauté Wayana sont formés et salariés par la fondation pour mesurer à la fois la turbidité des eaux qui découlent des exploitations illégales et récolter des mesures, notamment satellitaires sur l'ouverture de nouveaux sites d'orpaillage. " On sent une inquiétude, une insécurité. ", continue la présidente d'honneur, " Ils nous disent qu'à partir de 4-5 kilomètres du village, ils n'y vont pas. Parce qu'il y a des cites illégaux, qu'il y a des gens en armes, que c'est dangereux et parce qu'évidemment si vous mettez un piège photo, ça va mal se passer. "
Une collaboration avec des homologues du Surinam
L'ancienne navigatrice a rencontré, à ce sujet, le préfet Antoine Poussier jeudi matin. Elle n'est pas impressionnée par l'action de l'Etat contre l'orpaillage illégal : " Il doute de nos chiffres, et je crois qu'il doute même des chiffres du Parc. Donc évidemment, ça ne facilite pas le dialogue mais l'État ne donne pas vraiment ses chiffres à eux. Il fait des efforts, mais ce n'est pas vrai que ça va mieux. " affirme Isabelle Autissier.
WWF France espère pouvoir collaborer avec deux associations implantée au Surinam pour étendre leur champ d'action en faveur de la protection de la nature guyanaise et des populations autochtones du Haut-Maroni.
La première, Mulokot Foundation, a été créé et est gérée par des communautés Wayanas du Suriname depuis avril 2018. La deuxième, Amazon Conservation team (ACT) est une organisation internationale qui oeuvre avec les autochtones pour protéger la forêt amazonienne.
Une démarche partagée par Isabelle Autissier : " On ne fait que travailler avec les populations locales. On n'arrive pas avec nos projets. On n'est pas hors-sol ! On est souvent critiquée par les autres associations environnementales car la question n'est pas de mettre un endroit sous cloche. Et le développement locale, c'est une question qu'on a tout le temps porté. "

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