Les trente ans de 1996. François Mandé : «Nos mamans étaient notre fondation»
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Les trente ans de 1996

Les trente ans de 1996. François Mandé : "Nos mamans étaient notre fondation"

Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr

François Mandé président du comité des anciens élèves de 1996 remercie Sandra Trochimara de rendre hommage aux parents qui ont soutenu leur mouvement il y a trente ans. Sur la photo, il y a François Mandé, Denise Valérius, Franck Bruno, Clarisse Beaufort, Jemetree Guard du lycée Félix-Éboué ; Katia Ho Bin Huang, Xavier Laurent, Jean-Etienne Nicolas du lycée Michotte ; Céline Montauban et Dimitry Barty du Lycée Damas ; Rosita Jean-Louis de Saint-Joseph. © GG

Les parents d'élèves récompensés ou ceux qui les représentent comme Dominique Nugent pour Léodate Saibou, qui nous a quittés il y a un peu plus d'un an. © GG

Sandra Trochimara, maire de Cayenne et Jean-Victor Castor, député de Guyane assistent à la cérémonie qui rend hommage aux parents des lycéens de 1996. Le député, à l'époque militant du MDES a subi les conséquences du mouvement en étant déporté en Martinique à la prison de Ducos avec d'autres camarades comme Alain Michel. © GG

Le groupe Pomme d'amour a rendu hommage aux parents d'élèves de 1996, samedi soir à l'hôtel de ville de Cayenne. © GG

Les archives de France-Guyane sont diffusées lors de l'hommage au mouvement de 1996 à l'hôtel de ville de Cayenne, samedi 7 novembre. © GG

La salle des délibérations de la mairie de cayenne est remplie, samedi 7 novembre pour rendre hommage au mouvement des lycéens de 1996. © GG

Sandra Trochimara, maire de Cayenne veut transmettre à la jeunesse d'aujourd'hui l'histoire des lycéens de 1996. © GG

Cayenne a rendu homage aux parents des élèves qui se sont soulevés en 1996 contre leurs conditions de travail et ont obtenu un rectorat de plein droit

" Nommer, c'est sauver ", répète Claudio Magris, un écrivain italien. C'est sous cet adage que s'est déroulée une cérémonie en hommage aux parents d'élèves de 1996, à la mairie de Cayenne, samedi 7 novembre.

Yvonne Pralier ; Léodate Saibou ; Léa Minerve ; Marie-Thérèse Porthos ; Christiane Mayen ; Armide Pierre ; Huguette Lawrence ; Lucie Louze-Donzenac ; Monsieur Charles. Ce sont les noms mis à l'honneur. Des noms de mères de famille qui ont soutenu le mouvement lycéen de 1996, il y a trente ans. Parce que les familles monoparentales ne datent pas d'aujourd'hui chez nous.

" Nos mamans sont notre fondation ", décrit François Mandé, président du comité des anciens élèves de 1996. " Nous n'avons pas lâché pour elles et pour nos petits frères et petites sœurs. Vous avez été notre force tranquille ", se rappelle l'ancien élève de Félix-Éboué.

Une quête historique

" Ce soir, c'est la reconnaissance de votre rôle essentiel dans cette quête historique qu'a été l'obtention du rectorat. Il s'agit d'un jour de mémoire, un jour de justice, un jour de gratitude. Je ressens une émotion profonde à l'idée de cet hommage voulu par la mairie de Cayenne ", conclut-il.

Des mères, mais aussi des pères, rappelle Katia Ho Bin Huang, élève de Michotte en 1996. " Vous connaissez l'engagement de mon père Arthur [syndicaliste de l'Union des travailleurs guyanais et président du Conseil des prud'hommes dans les années 90, décédé en 2021]. Quand il a vu la mobilisation du lycée Félix-Éboué, il m'a dit : "Bougez-vous !" "

Les élèves se réunissent chez Katia, mettent leurs revendications sur papier et rejoignent la mobilisation.

Les parents d'élèves ont été des soutiens et des conseillers, comme le sera aussi le professeur Élie Brème.

"Une leçon de citoyenneté et de guyanité"

" Novembre 96 est une leçon de citoyenneté et de guyanité. Quand une cause est juste, on sait s'unir ", remarque Sandra Trochimara, maire de Cayenne. " Je veux transmettre cette mémoire qui appartient à la jeunesse, avec une exigence qui reste d'actualité. Chaque génération porte sa responsabilité dans le devenir de la Guyane ", souligne l'édile.

La génération de 1996 a commencé par se plaindre des conditions de travail, du manque de matériel et de l'absence de professeurs, avant d'obtenir un rectorat et 500 millions de francs (75 millions d'euros). Pour cela, quatre nuits d'émeutes ont suivi la charge des forces de l'ordre, lors d'un sit-in pacifique devant la préfecture, le 8 novembre. Après un mort et trois blessés, puis l'arrivée surprise du ministre de l'Éducation nationale de l'époque, François Bayrou, la décision historique a été annoncée le 20 novembre.

Les membres du comité des anciens élèves de 1996

La question mémorielle n'est jamais chose facile. Mettre des noms et des visages dans un mouvement populaire reste délicat. Samedi 7 novembre, le comité des anciens élèves de 1996 s'est présenté avec : François Mandé, Denise Valérius, Franck Bruno, Clarisse Beaufort, Jemetree Guard du lycée Félix-Éboué ; Katia Ho Bin Huang, Xavier Laurent, Jean-Etienne Nicolas du lycée Michotte ; Céline Montauban et Dimitry Barty du Lycée Damas ; Rosita Jean-Louis de Saint-Joseph. Il manquait, selon François Mandé, le président du comité, la leader du mouvement, Aline Charles, dont une pensée a été partagée lors de la cérémonie. Et aussi Keita Stephenson, David Primerose et Fabien Pralier.

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