Miguel Duplan : " Pour choisir une œuvre, nous sommes tous guidés par son éclat "
À la veille de la cérémonie de remise du prix carbet 2023, Miguel Duplan, président des membres du jury nous parle de cette 32e édition durant laquelle un hommage sera rendu à Élie Stephenson.
- Comment c'est fait le choix de la Guyane pour cette 32e édition du prix Carbet ?
Les éditions du prix Carbet se déroulent successivement en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et quelques fois à Paris. Cette année, c'est au tour de la Guyane.
- Quel est le critère pour choisir les membres du jury ?
Il y a des membres permanents tels que : Lise Gauvin, Évelyne Trouillot, Alfred Alexandre qui est membre depuis 3 ans, moi-même … Il y a une base. Chaque année, nous y ajoutons le gagnant de l'année précédente, qui est Loran Kristian. Il y a aussi des départs à la retraite, des décès… donc il faut faire des remplacements. Nous avons donc demandé à Gisèle Pineau si elle voulait être membre du jury cette année. Elle a accepté.
- Et celui pour choisir les œuvres en lice ?
Nous faisons une sélection des titres qui sortent sur une année. En juin, une liste est proposée à l'ensemble des membres. Ensuite, il y a une phase de lecture d'environ deux mois. Une fois cette phase finie, nous entrons dans les débats et un choix est fait. Chacun donne son avis et ses "préférences", les voix sont comptabilisées et nous déterminons ainsi la liste finale. Je crois que pour choisir une œuvre, nous sommes tous guidés par son éclat. La chose qui nous intéresse le plus, c'est comment l'œuvre arrive à nous faire pétiller, rire ou encore pleurer. Elle doit se démarquer des autres !
- Pour cette édition, un hommage est rendu à Élie Stephenson. Pourquoi lui ?
Il le mérite amplement. C'est d'ailleurs le dernier Guyanais qui a remporté le prix Carbet en 2020. L'évènement a eu lieu à Paris, durant le Covid et Élie n'a pas pu se déplacer. L'idée est vraiment de lui dire : Nous prenons acte de ta présence littéraire dans le monde, jusqu'ici, on ne t'a pas rendu hommage comme tu le mérites, aujourd'hui on le fait. De plus, Monsieur Élie Stephenson est quelqu'un d'important dans le monde de la littérature. Il a une œuvre, c'est un écrivain qui a du poids. Il a marqué, il marque et il marquera les gens.
L'écrivaine guadeloupéenne Gisèle Pineau, réagit à sa première participation au prix Carbet en tant que membre du jury.
" J'ai été invité à rejoindre le jury du prix carbet. C'est un jury de qualité. Pour moi c'est un grand honneur et ça me ramène des années en arrière. En 1992, j'ai été lauréate du prix Carbet de la Caraïbe avec mon livre : La grande drive des esprits. A cette époque, Edouard Glissant était encore là avec des chercheurs et des universitaires de la Caraïbe. Je me souviens de Michael Dash qui n'est plus là aujourd'hui. En arrivant à l'aéroport, j'ai retrouvé Lise Gauvin qui était déjà membre du jury de ce prix Carbet en 1992. C'est un pilier et un monument de ce prix ! Il devait y avoir également la Cubaine Nancy Morejon, qui malheureusement est absente car souffrante. C'est donc avec beaucoup d'émotions que je suis là aujourd'hui. Je retrouve avec plaisir, Sylvie, qui porte vraiment la mémoire et la pensée d'Edouard. En 2010, j'ai aussi remporté le prix Carbet des lycéens pour mon livre Folie, aller simple. Deux fois prix Carbet, aujourd'hui membre du jury, je suis très heureuse".

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