Concours d'éloquence : Les muses se penchent sur la jeunesse guyanaise
Cinq sujets et formats d'expression orale ont été déterminés pour cette 7e édition
Des centaines d'élèves issus de quatre bassins géographiques de la Guyane, à savoir Cayenne, Matoury-Rémire-Montjoly, Kourou et Saint-Laurent du Maroni, s'affrontent depuis janvier dans l'espoir d'accéder à la finale du concours d'éloquence qui a eu lieu mercredi 26 mai.
La finale du concours Calliopé Guyane a réuni 22 candidats au Cercle des Lumières de Cayenne. Séparés en cinq cycles scolaires, les élèves ont performé devant des parents et des professeurs attentifs, face à un jury composé de sept membres.
La ville de Saint-Laurent-du-Maroni était bien représentée avec 10 élèves sur les 22 finalistes. La commune de Macouria a aussi eu du succès avec 7 élèves présents, suivi de Kourou avec 4 candidats.
Nouveauté de cette édition, St-Georges de l'Oyapock fait son entrée dans la compétition avec Marwane Marie-Anaïs Pinheiro, qui a réussi à se hisser en finale dans la catégorie du plaidoyer.
" Il est temps de renverser la balance "
Maryse Prévot est inspectrice de l'éducation nationale de la circonscription de Macouria-Montsinéry-Tonnégrande. C'est elle qui est à l'origine du concours Calliope (Une muse de la Poésie épique dans la mythologie grecque), créé il y a sept an. Depuis, l'inspectrice cherche à convaincre un maximum d'établissements afin qu'ils participent à ce challenge qu'elle juge essentiel pour les jeunes élèves.
" Nous sommes en REP + [réseau d'éducation prioritaire renforcée] avec certains élèves en grande difficulté dans la langue française. Il nous a paru important de leur donner l'occasion de se surpasser pour faire voir à tous les autres que c'est possible avec un peu de travail ", témoigne-t-elle.
Les réactions du public aux performances des jeunes compétiteurs sont une preuve de plus pour Maryse Prévot qu'il faudrait " arrêter de montrer uniquement ce qui ne va pas lorsque l'on parle de la jeunesse. Il y a de vrais talents sur le territoire, et il est temps de renverser la balance. "
Elle évoque aussi la " 4e édition du concours d'éloquence en créole, qui a eu lieu le 13 mai à Cayenne ".
Pour preuve des qualités de cette jeunesse, les 22 candidats ont relevé le défi de créer un slam pour la paix pour les primaires ; d'écrire un plaidoyer pacifiste pour les élèves entre CM1 et sixième ; d'organiser une joute oratoire sur le thème : Un bon élève fait-il forcément un bon professionnel ? et les lycéens ont réfléchi à l'IA est-elle l'avenir de l'homme ?
Qui sont les lauréats ?
Dans la catégorie " création poétique ", c'est Hyron Blavier de l'école primaire Madly Marignan de Macouria qui a su convaincre les jurés.
Pour le " slam pour la paix " des élèves du second cycle, le choix des jurys s'est arrêté sur Kalani Gauthier-Doh de l'école élémentaire Léopold Heder.
Laurys Birand, de l'école primaire Yolaine Charlotte-Bolore, s'est imposée face à six autres candidats dans la catégorie du plaidoyer, qui opposait le plus de prétendants.
À la question " un bon élève fait-il forcément un bon professionnel ", la kouroucienne Karla Labady a répondu " non " [camp imposé aléatoirement]. Son argumentaire et surtout son improvisation dans la seconde partie du débat lui permettent de remporter la première place. Elle représentait le collège Omeba Tobo de Kourou.
Malgré une chorégraphie surprise de Lorens Tiappa qui a semblé plaire au public, c'est la lycéenne Gilvania Kerrie Altenor qui remporte la première place pour Kourou, sous une salve d'applaudissements bien mérités.
Milot Vandaele, élève de 6ème au collège Just-Hyasine de Macouria repart avec le prix du " coup de cœur du jury ".

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