Le programme bien-être des populations intérieures revoit sa copie
Issu des préconisations du rapport sénatorial de 2015 concernant les suicides important dans les populations amérindiennes, le programme de l'Agence régionale de Santé, Bepi a reçu 1,83 million d'euros de subventions depuis 2018 pour un impact plutôt limité. Il devient le plan « mieux être ».
« Ils ont apporté des ballons de football et de basket-ball, quand tout le territoire est sous les eaux, que les abattis sont noyés. C'est bien, ça détend les jeunes, il faut s'amuser certes mais rien n'est inscrit dans la durée avec ce programme », s'insurge une membre du comité du littoral qui reçoit les projets du programme de l'Agence régionale de santé (ARS), Bien-être des populations intérieures (Bepi).
À la lecture du rapport d'activité 2020 du Bepi, on se demande effectivement à quoi sert ce programme doté quand même de 1,83 million d'euros sur quatre ans. Alors que la dernière année arrive, il reste 748 000 euros à dépenser. Sur le 1,1 million d'euros de dépenser, 450 000 euros ont servi à payer les ressources humaines gérées par l'association SOS jeunesse.
Cette dernière jette l'éponge avant donc la fin du programme. C'est Steven Kuzan de l'ARS qui le reprend.
« Chaque année, le programme bénéficie de 500 000 euros dont 150 000 euros pour les ressources humaines. La gestion n'a pas toujours été pertinente, ça n'allait pas. Et effectivement, c'était un peu vide, notamment dans le secteur de la médiation qui exige une présence sur place », reconnaît le fonctionnaire.
Soixante-huit projets ont été subventionnés d'après le rapport d'activités. La principale association qui bénéficie du soutien de l'ARS se nomme Akenaituna. Son siège se situe à Montjoly. « Ce sont de superbes projets, Jeannette Anataka, la présidente, est très active mais avec le Covid la situation n'était pas facile », dédouane un membre du comité du littoral.
« L'association a mené de nombreux projets liés au périscolaire en employant des jeunes des villages. Elle ne devrait plus bénéficier de notre soutien mais celui de la caisse d'allocation familiale car elle a de l'expérience maintenant. Le Bepi sert à éliminer les contraintes administratives pour des structures récentes. On soutient des idées, des projets en les aidant à aller au-delà des entraves administratives », expliquait Steven Kuzan, il y a quelques mois.
Pour autant, la page Facebook de l'association ne promeut pas beaucoup d'événements ou de projets. Deux par an et le dernier était en 2019. Il s'agissait d'un podium vacances. Akenaituna devait aussi permettre la formation de jeunes au Bafa (Brevet d'aptitude à la formation d'animateurs). Personne ne connaît le nombre d'animateurs formés. « Nous lui avons demandé un bilan d'activité. Il ne saurait tarder », rassure l'ARS. De notre ôté, Jeannette Anataka n'a pas répondu à notre mail.
Le Bepi n'est donc pas totalement une coquille vide. Akenaituna a participé par exemple à la rénovation du Tukusipan de Taluen, financé de 12 000 euros par l'ARS pour un budget total de 52 000 euros.
Le vrai manquement du programme se situe plus dans sa fonction de gouvernance. Cette section bénéficie de 30 000 euros de subventions. Seulement 2 338 euros ont été dépensés. Il s'agit d'aller à la rencontre des habitants et de faire sortir les idées pour le mieux-vivre du village car tous les projets doivent être validés par des comités du village.
Un échec patent, surtout du côté de l'Oyapock.
Alors après discussions avec les autorités coutumières, les équipes municipales et le parc amazonien l'ARS change son fusil d'épaule et crée le plan en faveur du mieux-être et de la santé globale des habitants de l’intérieur dit plan « mieux être » pour les années 2023-2026.
Il s'agira pour l'ARS de renforcer sa présence avec la création d’un poste de référent ARS aux communes de l’intérieur ; de continuer à « simplifier l’accès aux financements destinés aux petits projets locaux visant à valoriser et transmettre les connaissances des habitants ; de soutenir les populations dans une démarche d’identification de leurs propres priorités et d’élaboration de solutions », écrit la lettre quotidienne d'informations de l'ARS du 10 janvier.
Le budget de ce nouveau programme est légèrement supérieur à celui du Bepi : une enveloppe entre 400 000 et 500 000 euros par an, trois appels à projet de 125 000 euros chacun. L'ARS est en "concertation pour renforcer l’enveloppe de l’appel à projet du parc amazonien", précise l'ARS.
Des actions très attendues sur les fleuves alors qu'une mère de trois enfants, âgée de 43 ans s'est ôtée la vie dans un village de la Litany cette semaine.

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