Traite négrière : les routes cachées des Antilles françaises
La plateforme SlaveVoyages rassemble des données sur la traite négrière concernant chaque île de la Caraïbe. Mais la Guadeloupe et la Martinique posent une difficulté particulière : l'histoire a été marquée par la contrebande, les reventes rapides d'esclavisés et les circulations entre colonies, plus difficiles à documenter.
Offre et demande, vente, revente, plus-value : le vocabulaire paraît appartenir au capitalisme le plus ordinaire. Il est pourtant au cœur de l'une de ses formes les plus brutales : la transformation d'êtres humains en marchandises, déportés, évalués, revendus dans les Amériques pendant des siècles. C'est sans doute l'un des aspects les plus dérangeants de cette histoire : pour comprendre l'esclavage, il faut aussi regarder sa mécanique froide, comptable, commerciale. Dans ce système, les Antilles françaises occupent une place singulière parce qu'une partie de leur approvisionnement en captifs s'est jouée dans des circuits clandestins.
La contrebande : difficile à mesurer
Le problème tient donc à l'absence de...

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