Une équipe de Papaïchton remporte la troisième édition des Jeux Aluku
Le trophée, remis en jeu par l'équipe d'Apatou, restera pour la première fois dans la capitale du pays boni jusqu'à la prochaine édition
La troisième édition des Jeux Aluku s'est achevée par la victoire d'une équipe de Papaïchton, à domicile, pour la première fois, ce dimanche 5 juillet. Après trois jours de compétition mêlant culture et sport, c'est l'équipe des "AKilo" qui finit en tête du podium, suivi en seconde place de l'équipe "Papaïchton 1". Toutes deux portant fièrement les couleurs de leur ville.
216 participants répartis en 27 délégations se sont affrontés à travers neuf épreuves. Une affluence record, marquée par une volonté d'ouverture à l'ensemble des communes de Guyane. Si certaines, comme Camopi ou Saül, n'ont pu faire le déplacement en raison de contraintes logistiques, la mobilisation reste inédite. Les athlètes, le public et les supporters ont été accueillis dans la capitale du pays boni, autour d'un objectif commun : valoriser les traditions et favoriser les échanges.
Troisième au classement, l'équipe des "Molokot", de Cayenne, n'a pas démérité et s'est imposée face aux concurrents du fleuve et du Suriname. Les huit premières équipes ont récompensées. Elles sont reparties avec des trophées aux allures de tembe, réalisés par l'artiste local Carlos Adaoudé (dit Kalyman).
Le parcours du marronnage
Lors de cette dernière journée, les épreuves se sont enchaînées dans une ambiance à la fois festive et exigeante. Portés par les chants du public, les participants se sont illustrés à la grimpe de palmier, une discipline technique. L'équipe des colibris du rectorat s'en est bien sortie, chaque joueur a franchi la barre des 4 mètres. Elle clôt d'ailleurs la marche des gagnants, en huitième position du classement final.
Moment fort de la journée : le parcours du marronnage, très attendu par les équipes. Cette course à travers la forêt met à l'épreuve endurance, cohésion et connaissance du milieu amazonien. Les concurrents doivent identifier des espèces végétales à travers six sous-épreuves ou encore construire un radeau à partir de bambous et de lianes et défaire et refaire un tas de bois.
Des moments forts
Parmi les moments marquants du week-end, la remontée de pirogue, disputée la veille, a laissé des traces. Les équipes devaient porter l'embarcation sur près de 40 mètres, un effort jugé trop intense par plusieurs participants. Face aux contestations, l'épreuve a été annulée et non reprogrammée. Une seule équipe, celle de Papaïchton, est parvenue à la réaliser en 1 minute 10.
" Pour nous, ne pas faire cette épreuve aurait été une insulte. Ce qui a fait la différence, c'est qu'on a soulevé la pirogue par le kini, la partie recourbée, et non par l'extérieur ", explique Lynch, capitaine des AKilo. Interrogé en fin d'après-midi, la victoire était espérée par les papaïchtonais : "on a fait de notre mieux pour gagner. "
En fin de soirée, les résultats se sont fait attendre. Le maire de la commune, Jules Deie, a tenu à souligner la réussite de cette édition : " Vous êtes tous des vaillants car en acceptant 27 équipes, de toute la Guyane et du Suriname, cela a montré ce qu'était le vivre ensemble et le partage."
Avec ce week-end, les Jeux Aluku confirment leur place comme un important rendez-vous du territoire.

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