Maryse Prévot, une vie au service de l’École et de l’identité guyanaise
La communauté éducative a rendu hommage, vendredi soir à Cayenne, à Maryse Prévot, inspectrice référente académique pour l’enseignement des langues vivantes régionales – créole guyanais, désormais retraitée
Une carrière peut se mesurer en années. Un héritage, lui, se mesure à la reconnaissance de celles et ceux dont on a changé la vie.
Vendredi soir, c’est cet héritage qu’est venue célébrer une cinquantaine de personnes de la communauté éducative réunies à l’école Edmard Malacarnet, à Cayenne, pour rendre un hommage surprise à Maryse Prévot, inspectrice référente académique pour l’enseignement des langues vivantes régionales – créole guyanais, désormais retraitée.
Beaucoup d’émotion pour elle lorsqu’elle s’est présentée, les yeux bandés par ses proches, dans l’établissement scolaire, et a découvert qu’une chorale improvisée par la communauté éducative lui interprétait, sur un air de folklore, « Honneur et gloire pour Madame Prévot ».
Pendant près de deux heures, les témoignages se sont succédé. Des directeurs d’école, des enseignants, des amis et des collègues sont venus dire ce que Maryse Prévot avait représenté dans leur vie professionnelle.
Originaire de la Martinique, rien ne la prédestinait à devenir l’une des grandes promotrices du créole guyanais. Pourtant, convaincue que la langue est un formidable vecteur de transmission et d’identité, elle s’est investie sans compter pour sa reconnaissance.
Sous son impulsion est né le concours d’éloquence en créole, une initiative devenue, au fil des années, un rendez-vous incontournable, offrant à de nombreux jeunes l’occasion d’exprimer leur talent et leur fierté de parler leur langue.
Son engagement ne s’est pas limité à l’Éducation nationale. Maryse Prévot a aussi présidé la Ligue d’escrime de Guyane, illustrant une nouvelle fois son goût pour la transmission, l’engagement collectif et le dépassement de soi.
Très émue, elle a tenu à remercier chaleureusement les membres de l’association Rakata pour la sauvegarde du créole, ainsi qu’Odile Armande-Lapierre, Louis Honorien et Danglades pour leur implication.
Visiblement touchée par cette marque d’affection, elle a confié qu’elle n’imaginait pas susciter une telle reconnaissance.
Avec beaucoup de simplicité, elle a également livré un message à tous ceux qui poursuivront le chemin : pour réussir, il faut avant tout croire en soi, travailler avec persévérance et ne pas attendre que les autres construisent votre avenir à votre place.
Au fil de cette soirée, les sourires ont souvent laissé place aux larmes. Mais il ne s’agissait pas de dire adieu. Il s’agissait surtout de dire merci.
Merci à une femme qui, venue de Martinique, a choisi de faire de la Guyane sa terre d’engagement. Merci à une éducatrice qui a compris que transmettre une langue, c’est aussi transmettre une histoire, une culture et une fierté. Merci, enfin, à une femme dont l’empreinte continuera longtemps de vivre à travers celles et ceux qu’elle a accompagnés.
Car certaines carrières s’achèvent. Les héritages, eux, demeurent.
Cet hommage surprise, en forme de pot de départ, organisé par les enseignants des classes bilingues français-créole, restera longtemps gravé dans la mémoire de Maryse Prévot, profondément touchée par cette belle marque de reconnaissance et d’affection.

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