Claude Ruffinel dit Zozo : "Je veux simplement que l'on me respecte"
Il glane trois championnats de foot de Guyane avec trois équipes différentes : le Sport Guyanais, le Club Colonial et les Éclaireurs de Cayenne
Figure du football guyanais des années 1960 à 1980, Claude Ruffinel, plus connu comme « Zozo », reste associé à l'image d'un gardien de but au parcours singulier et à la longévité remarquable. Triple champion de Guyane avec le Sport Guyanais, le Club Colonial et les Éclaireurs de Cayenne, il fait partie de ces joueurs qui ont marqué leur époque sans toujours rechercher la lumière.
Un gardien atypique
Avec sa silhouette fine et son mètre quatre-vingt-quatre, Claude Ruffinel ne correspondait pas aux standards physiques habituels des gardiens de but de son époque. C'est pourtant ce profil qui l'a conduit à occuper ce poste de dernier rempart, où il a très tôt imposé ses qualités.
Réflexes, détente, lecture du jeu : sur sa ligne, « Zozo » s'est forgé une réputation de gardien difficile à battre. Dans l'ambiance du stade de Baduel, à Cayenne, il a souvent fait taire les doutes que pouvait susciter sa carrure.
Il débute à 17 ans au Club Colonial avant de rejoindre les Éclaireurs de Cayenne en 1958, puis le Sport Guyanais en 1964. Avec ces trois formations, il remporte à chaque fois le titre de champion de Guyane.
Quand on évoque le surnom de Zozo, on pense inévitablement au grand gardien qu'il a été. Par ailleurs, il a passé ses examens d'entraîneur et obtenu son diplôme.
Au-delà des titres, Claude Ruffinel garde un souvenir marquant de son parcours en Coupe de France avec le Club Colonial, en tant qu'entraîneur adjoint. Il évoque la qualification lors du 7e tour, en 1978, face à Mantes-la-Jolie.
Une mémoire vive
« Il faisait un froid incroyable », se souvient-il. Il a participé à la préparation de la rencontre avec l'entraîneur Roger Théolade, La veille du match, l'équipe est fragilisée par le forfait d'Émile Janvion, pièce importante du dispositif défensif. Malgré ce coup dur, le groupe parvient à se remobiliser.
Après prolongation, le Club Colonial s'impose grâce à un but de Marcel Leidi sur un centre de Serge Francis. Une victoire qui permet au club de devenir la seule formation ultramarine qualifiée pour les 32es de finale cette saison-là.
Si le football a façonné sa notoriété, Claude Ruffinel a aussi brillé dans d'autres disciplines. Licencié au Sport Guyanais, il a pratiqué le basket-ball, le volley-ball et l'athlétisme, confirmant son profil de sportif polyvalent.
« J'ai fait beaucoup de choses dans le sport en Guyane. Je ne demande rien, sinon du respect pour ce qui a été accompli. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes ne mesurent pas ce que cela représentait. Il fallait du tempérament pour réussir », affirme-t-il.
À 89 ans, l'ancien peintre en bâtiment reste un observateur attentif de l'actualité sportive et internationale. Curieux et précis, il suit chaque jour l'information et continue d'échanger avec aisance sur de nombreux sujets.
Claude Ruffinel, dit « Zozo », conserve surtout une personnalité affirmée. Il n'hésite pas à livrer ses opinions tranchées, y compris sur le football contemporain, qu'il observe avec distance. Il tient à préciser qu'il ne soutenait pas l'équipe de France lors de cette Coupe du monde... On part sans savoir quelle équipe il supportait, mais on devine qu'elle était au moins sud-américaine.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters