Jeux Aluku : coup d'envoi d'une première journée d'épreuves entre adresse et stratégie
Du 3 au 5 juillet, 27 équipes de huit joueurs s'affrontent à Papaïchton à l'occasion des Jeux Aluku. Plus qu'une compétition, cet événement célèbre les traditions culturelles businenge
Hocco, paku, kabïa… La première journée s'est ouverte sur des cibles bien connues des Guyanais. Dès les premières heures, les 27 équipes se sont affrontées au tir à l'arc et au tir au harpon, deux épreuves d'adresse directement inspirées des pratiques de chasse traditionnelles. À une dizaine de mètres, il fallait faire preuve de précision pour atteindre ces silhouettes animales, avec des outils en bois fidèles aux savoir-faire aluku.
Pour certaines équipes, le démarrage a été plus compliqué. À l'image d'Apatou, en difficulté sur les épreuves de tir. " On est venu de loin, donc on va faire ce qu'on peut pour gagner. On est un peu plus faible sur ces deux épreuves ", glissent les participants, lucides mais déterminés. Malgré tout, l'équipe garde confiance : " L'an dernier, on ne pensait même pas gagner, mais on a toujours été sur le podium. " Un espoir porté par leur point fort : le djulu.
Le djulu, entre jeu et stratégie
En fin de matinée, le stade municipal a changé d'ambiance. Place au djulu, une des épreuves les plus attendues des Jeux. Hérité des pratiques traditionnelles Businenge, ce jeu, joué dans les écoles et en famille, oppose deux équipes dans un affrontement de vitesse et d'agilité.
Le principe : traverser un terrain divisé en couloirs, occupé par l'équipe adverse, sans se faire toucher, et dans un temps limité (15 minutes ici). Sur le papier, un jeu simple. Sur le terrain, une épreuve intense, où chaque esquive compte.
" J'en faisais quand j'étais enfant ", confie Marsinia, de l'équipe de Papaïchton. " On veut faire le maximum de points ici, chez nous. " À domicile, la motivation est renforcée, d'autant plus que ce serait leur première victoire aux Jeux. Sous les encouragements, les joueurs glissent parfois sur un sol encore humide. Les arbitres sont sollicités pour trancher des actions serrées, mais l'énergie collective prend rapidement le dessus.
Certaines délégations donnent de la voix. Chants, danses...les Saramaca, transforment la compétition en un moment festif et de partage. L'équipe d'Apatou s'est imposée face à Grand-Santi, tandis que les Kwinti du Suriname ont pris le dessus sur les Resy Gung.
Transport de charge et tir à la corde
Sous un soleil de plomb revenu après les pluies matinales, les équipes ont repris la compétition au stade municipal de Papaïchton pour le transport de charge, une course de relais avec 25 kg sur les épaules, avant de rejoindre le bord du fleuve pour la remontée de pirogue, 600 kilos, sur la plage Anaïta. Huit équipiers, quinze minutes, quarante mètres à parcourir : une épreuve collective exigeante, où coordination et endurance font la différence. Le poids conséquent de cette dernière donne du fil à retorde aux équipes.
La journée se conclura par le tir à la corde, dans une série de duels, sous les encouragements d'un public qui reste mobilisé jusqu'au bout.
La transmission d'une histoire
Malgré un début retardé par la pluie, les équipes n'ont rien lâché. À Papaïchton, cette première journée confirme l'essence des Jeux Aluku : une compétition où chaque épreuve transmet une histoire, entre gestes d'hier et énergie d'aujourd'hui.
Dimanche, la compétition se poursuivra avec les trois dernières épreuves : le grimper de palmier, la course de pirogue à la rame et le parcours du marronnage. Ce dernier, un jeu de piste en forêt, rend hommage à l'histoire des peuples businenge. Inspiré du parcours des Marrons en quête de liberté, il mobilise des savoirs essentiels : se repérer dans la forêt, reconnaître son environnement, ou encore construire un radeau à partir de matériaux naturels.

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