Remontée de pirogue, parcours de marronnage, tir à l'arc...Papaïchton accueille la troisième édition des Jeux Aluku ce weekend
La capitale du pays Boni accueille la troisième édition des Jeux Aluku du 3 au 5 juillet. Le trophée sera remis en jeu par l'équipe d'Apatou, vainqueur de l'édition 2025.
Aux abords du bourg de Papaïchton, les équipes finissent de s'installer avant la cérémonie d'ouverture officielle prévue dans l'après-midi, vendredi 03 juillet.
La veille, les pirogues ont accosté les unes après les autres, parfois tard dans la soirée. Les 27 équipes sont arrivées au compte-goutte, venues du littoral, des communes de l'intérieur et du Suriname, où les 6 communautés bushinenguées ont fait le déplacement.
Avant les épreuves, qui débuteront samedi matin, la journée est consacrée à la transmission des savoir-faire. Trois ateliers sont proposés aux équipes, avec des points bonus à la clé.
" L'idée, c'est aussi de donner une autre approche de la compétition, en valorisant ces savoirs-faire dès le départ ", explique Cindy Tingo, cheffe d'unité territoriale de Papaïchton au Parc amazonien." On a choisi de mettre en avant l'art peint, brodé et les pratiques ".
Pendant deux jours, les participants s'affronteront sur neuf épreuves inspirées des pratiques du fleuve : tir à l'arc, lancer de harpon, remontée de pirogue ou encore djulu.
Des jeux qui s'ouvrent à toute la Guyane
Avec 27 équipes engagées, contre 14 l'an dernier et 8 au lancement, les Jeux Aluku prennent une nouvelle dimension.
" J'ai pris la responsabilité d'ouvrir les Jeux Aluku. Il y a 22 communes et je souhaitais que l'ensemble de la Guyane puisse être présent ", explique Jules Deie, maire de Papaïchton.
Pour l'édile, l'enjeu dépasse le cadre sportif. " Un peuple a des pratiques, c'est un mode de vie que l'on présente à travers les jeux. Le djulu demande de la réflexion. Quand on chasse, il ne faut pas confondre une liane et un serpent. Ce sont des réflexes. "
Le Parc amazonien de Guyane accompagne l'organisation. " C'est un challenge. C'est la première fois qu'il y aura autant de monde ", souligne Jean-Maurice Montoute, responsable du service communication. " On atteint la limite acceptable pour la petite commune de Papaïchton et je pense que cette année marque le vrai départ des Jeux Aluku. "
Entre transmission et compétition
Les épreuves s'inscrivent dans la continuité des pratiques marronnes. Certaines activités ont disparu ou tendent à disparaître.
" Avant, on utilisait des pali boto. Aujourd'hui, il y a des moteurs. Il faut que les jeunes puissent voir ces pratiques ", poursuit Jules Deie.
Les ateliers précèdent une compétition où l'enjeu sportif s'affirme. " Plusieurs équipes viennent pour gagner. Papaïchton veut s'imposer chez elle après deux éditions sans victoire. Apatou est engagée. Une équipe du Haut-Maroni, les Wayana, participe cette année et viennent pour l'emporter. L'absence de l'équipe d'Ayawande, troisième l'an passé, ouvre aussi la course ", indique Jean-Maurice Montoute.
Certaines épreuves concentrent l'attention, comme le djulu ou la course de pirogue. " Le djulu se joue en famille. Il est attendu. On a aussi le rangement de tas de bois, très présent dans les habitations, et la course de pirogues en pali boto ", précise Cindy Tingo.
Au-delà du sport, les Jeux Aluku seront émaillés d'ateliers artistiques et culturels, avec des présentations d'art tembé, des initiations à la broderie aluku ou encore des démonstrations de danses traditionnelles comme l'awasa ou le songe. Ainsi que des productions d'artistes locaux. Le rendez-vous s'inscrit dans une volonté de valoriser le pays Boni, ses pratiques et sa culture.

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