Kalash : « Je me suis toujours dit que c'était possible »
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MUSIQUE

Kalash : « Je me suis toujours dit que c'était possible »

Propos recueillis par Gilles GALLERON
Kalash est l'un des artistes antillais les plus influents de sa génération.
Kalash est l'un des artistes antillais les plus influents de sa génération. • FRANCKIE ALLIO

Quelques jours après la sortie d'Ex-Voto et son concert historique à Paris La Défense Arena, Kalash se confie sur cet album très personnel. L'artiste martiniquais revient sur son évolution, son rapport à ses racines et la place qu'il souhaite continuer d'accorder à la culture antillaise dans son œuvre.

Votre dernier album « Ex-Voto » est sorti 4 ans après Tombolo. Qu'avez vous fait pendant cette période ? 

Je me suis beaucoup produit en concert, j'ai aussi expérimenté beaucoup de choses en studio. J'ai aussi été en quête d'inspiration pour travailler avec de nouveaux producteurs. Depuis l'époque de l'album Kaos, je travaille avec certains mais rencontre aussi de nouvelles personnes. Cela m'apporte une autre vision.

« Ex-Voto » est un titre symbolique et représente une offrande. Qu'avez-vous voulu offrir à vos fans ?

Le titre a été choisi peu avant de boucler l'album. Sur cet album, je raconte comme à mon habitude mes sentiments, mes joies, mes peines. Il n'y a eu de plan, ni de thèmes déjà prévus. Tout se passe selon l'émotion que je ressens sur le moment au studio et aussi selon l'instrumentale que je reçois et de ce qui me plaît le jour j. Pour revenir au titre de l'album, l'idée est venue à Saint-Barth quand on a offert à ma femme Clara une casquette où était inscrit « Ex-voto », pour la remercier de ses actions par rapport à la maison des femmes. Nous ne connaissions pas la signification de ce terme très beau, très spirituel qui exprime la gratitude. Nous avons donc choisi ce titre pour l'album

Vous êtes devenu l'un des artistes antillais les plus influents de votre génération. Avez-vous conscience de tout ce que cela implique ?

Oui, j'en ai conscience. C'est une responsabilité que j'accueille avec beaucoup de sérieux et d'honneur. Je connais toutes les luttes que les artistes de chez nous ont endurées. Ce n'est pas quelque chose de banal par rapport à comment nos musiques sont traitées et considérées. Je n'ai pas choisi d'être un porte-drapeau. C'est le résultat du travail, du ressenti du public par rapport à ma musique et l'amour que les gens me portent dans nos territoires.

Tout cela est venu avec le temps et au fil de mes actions, des succès musicaux et des souvenirs laissés à mon public.

On pense souvent à vos succès et réussites. À quel moment avez-vous pensé que tout cela serait possible ?

Très jeune j'avais cette vision. Quand j'étais petit, je m'imaginais beaucoup me produire dans des grandes salles de concert. Le plus loin que j'imaginais c'était le Zénith puis Bercy. Je ne savais pas comment ni quand cela arriverait mais j'y ai toujours cru. Je pense que le fait de le manifester a beaucoup aidé. Je me suis toujours dit que c'était possible. Plus jeune, je regardais d'autres artistes comme Michael Jackson ou Sizzla, je me disais qu'un jour je ferai comme eux. Ensuite au fur et à mesure, on passe différentes étapes, le public et les médias nous boostent, on voit les différences. En remportant des certifications, en remplissant de plus en plus de salles, je ne réalisais pas forcément à chaque fois qu'il y avait une victoire et je continuais juste à avancer.

Quel regard portez-vous sur les musiques caribéennes comme le bouyon ou le shatta qui sont très tendances en ce moment ?

Le fait que les plateformes de streaming soient accessibles et rentrées dans les mœurs aux Antilles changent la façon de consommer la musique. Je trouve génial ce qui se passe aujourd'hui avec le bouyon et le shatta. Je suis content que les producteurs de ces styles et beaucoup d'artistes déjà confirmés aient cette reconnaissance. D'autres générations comme Mikado, Natoxie, Tutus, sont aujourd'hui reconnus. Plus d'artistes peuvent aussi vivre de leur métier, faire des tournées, avoir des morceaux en rotation dans des radios, voyager grâce à leur musique. Ces éléments donnent de l'espoir à d'autres générations et leur permet de se structurer.

Si je devais donner un conseil à cette nouvelle génération, c'est vraiment de bien s'entourer professionnellement mais aussi humainement, avoir des personnes compétentes dans la négociation de contrat, le management et la sécurité. La musique est une industrie, un métier où il y a beaucoup de lumière et aussi de l'argent, des choses négatives. Malgré tout, il faut que la passion reste, c'est important de se lever et d'aimer ce que l'on fait.

Le 12 juin était à la fois la sortie de votre album, votre anniversaire et le concert à la Défense Arena. Etait-ce volontaire de tout regrouper sur cette journée ?

Je ne suis pas quelqu'un qui aime fêter son anniversaire. Je préfère célébrer ceux des autres mais pas le mien. Le fait de se concentrer sur le concert et la sortie de l'album m'a pas mal occupé l'esprit. Le fait de faire les trois en même temps rejoignait bien le thème d'Ex-Voto c'est à dire la reconnaissance, la gratitude, l'offrande à Dieu. C'était une fête pour mes proches et moi ainsi que pour mon public. Pendant le concert, il y a eu une émotion particulière qui m'a rappelé celle que j'ai ressentie lors de mon concert en Martinique au stade de Dillon en 2024.

Quels morceaux d'Ex-Voto aimez-vous interpréter en live ?

Pendant l'enregistrement de plusieurs morceaux j'ai pensé à les interpréter en live. Je pense aux morceaux Le monde est beau et Vous mes amours. Je n'imaginais pas que le titre 18h33 fonctionnerait autant en live.

Après la Défense Arena, sur quelle scène aimeriez-vous vous produire ?

Je pense plus à des tournées. Je finalise les détails pour une tournée en Afrique qui passera en Côte d'Ivoire, au Cameroun et au Sénégal. J'ai toujours aimé la musicalité des artistes africains, que ce soit au Maghreb, Nigéria, Congo. Je serai présent aux Antilles pour des festivals pendant les grandes vacances. Depuis le concert du stade de Dillon, nous cherchons des lieux pour accueillir le public dans de bonnes conditions. Le concert en Martinique en 2024 a été un grand challenge pour faire rentrer le stade de Dillon dans certaines normes et accueillir autant de monde. C'est le même travail que l'on veut faire en Guyane et en Guadeloupe. Nous prenons le temps pour construire un bon show et programmer cela dans un stade avec des musiciens.

« Ex-Voto » est disponible sur toutes les plateformes depuis le 12 juin.
« Ex-Voto » est disponible sur toutes les plateformes depuis le 12 juin. • Mwaka Moon Music

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