Haïti : Washington veut que ses concitoyens quittent l'île
Est-ce un signal de l'imminence d'une intervention armée internationale, promise mais toujours dans les limbes ? Ni la presse ni le gouvernement haïtien n'ont fait de commentaires après l'annonce, mercredi 30 août, de l'ambassade américaine qui enjoint ses ressortissants « à quitter le pays le plus vite possible », en raison « de la situation actuelle en matière de sécurité ». Le même jour, la police nationale d'Haïti (PNH) recevait du matériel américain pour lui permettre, dans la mesure du possible, de l'aider dans sa lutte contre les gangs armés qui ont mis le pays sous leur coupe avec une violence sans commune mesure : un lot de 40 véhicules pick-up.
« Une police nationale au rabais »
« Sur le terrain, les bandes armées continuent de semer la terreur. Les rafales d'armes automatiques, les incendies de domiciles ont poussé des milliers de personnes hors de chez eux ces derniers jours à Carrefour-Feuilles, à Tabarre. »
Carrefour-Feuilles est un arrondissement pauvre du sud de la capitale, Port-au-Prince, qui subit depuis la mi-août les assauts d'un gang lourdement armé. Tabarre est une commune limitrophe, au nord, partiellement aux mains d'un autre de ces gangs, et où se trouve l'aéroport international de Port-au-Prince. Pour le Centre d'analyse et de recherche en droits humains (Cardh), repris par le site AlterPresse : « La police nationale est une force de sécurité au rabais, avec environ 3 000 policiers pour 12 millions d'habitants, sans hélicoptères, sans technologie de pointe... »

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