Haïti : les autorités annoncent des élections en fin d'année sous condition de sécurité
Les autorités électorales d'Haïti ont annoncé le 28 juillet des élections présidentielle et législatives pour la fin de l'année, dont la tenue est conditionnée à " l'établissement d'un climat sécuritaire acceptable ", une gageure dans ce pays pauvre des Caraïbes ravagé par la violence des gangs.
Le premier tour des différents scrutins doit avoir lieu le 13 décembre 2026 et le second tour le 21 février 2027, selon le calendrier électoral publié par le Conseil électoral provisoire.
"Le respect de ces échéances dépend de l'établissement d'un climat sécuritaire acceptable et des disponibilités financières nécessaires à la poursuite des opérations électorales", souligne toutefois le communiqué.
L'Etat haïtien n'a plus connu d'élections depuis 2016 et son dernier président, assassiné en 2021, n'a pas été remplacé.
En décembre dernier, les autorités avaient annoncé un premier tour pour le 30 août 2026, un calendrier déjà caduc.
Cette nouvelle annonce a été saluée par la Communauté des Caraïbes (Caricom), voyant là "une étape essentielle" qui "était vivement attendue par les parties prenantes haïtiennes et la communauté internationale".
Dépôt des candidatures jusqu'au 2 octobre
"La publication du calendrier ne manquera pas de donner un coup d'accélérateur aux étapes préparatoires essentielles du processus électoral en cours, telles que l'enregistrement des partis politiques, des plateformes et des coalitions, ainsi que l'inscription des électeurs", insiste l'institution dans son communiqué.
Le calendrier publié mentionne le début des inscriptions électorales le 20 juillet la semaine passée et la date limite de dépôt des candidatures (présidentielle, législatives, locales) au 2 octobre.
La route est cependant longue avant la tenue effective d'un premier tour en décembre.
Le pays, plus pauvre des Amériques, subit depuis longtemps une crise politique, économique et sécuritaire, mais la situation s'est largement détériorée ces dernières années, les gangs multipliant meurtres, enlèvements, viols ou recrutements d'enfants.
Sur environ 11 millions d'habitants, près de 1,5 million sont déplacés dans le pays à cause des violences, selon une estimation en juin de l'Organisation internationale pour les migrations, soulignant que les attaques ne concernaient pas uniquement la capitale.
Une Force de répression des gangs (FRG) soutenue par l'ONU est en cours de constitution pour venir assister les forces de police locales dépassées. Cette FRG doit à terme compter 5.500 policiers et militaires étrangers, mais le nombre déjà déployé n'est pas connu.

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