« C’était une mère qui ne pesait pas sur nous »
Au travers des souvenirs de ses trois filles, Sylvie, Aïcha et Leïla, Maryse Condé se révèle être une femme et une maman déterminée à transmettre à ses enfants, indépendance et ouverture au monde. Et c’est aussi, sans fards, que toutes les trois acceptent de nous raconter.
Quels souvenirs gardez-vous de votre maman ?
AÏCHA : Elle était très ouverte dans ses prin- cipes éducatifs. Quand j’ai commencé à fumer, je le lui ai dit. Idem quand j’ai eu mon premieramoureux. Elle n’était pas très démonstrative en terme d’affection mais je n’ai jamais douté des sentiments qu’elle avait pour moi. Dans lesdernières années de sa vie, elle nous a souvent dit « je t’aime » mais nous le savions déjà.
LEÏLA : Maman ne parlait pas beaucoup. C’est dans « la Vie sans fards » que nous avons appris son parcours chaotique. En tant qu’enfant, je mesuis demandé ce qui amène une mère à se mettre ainsi à nu. Je lui ai dit qu’elle aurait pu épargner mon papa, Mamadou Condé. Elle mettait toujours tout en dérision. J’ai été très triste d’apprendre ce par quoi elle était passée. Maryse Condé,...

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