L'après-match du Brésil, coups de couteau et gaz lacrymogène
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SAINT-GEORGES

L'après-match du Brésil, coups de couteau et gaz lacrymogène

Bernard DORDONNE
C'est pour empêcher que les Brésiliens fêtent la victoire de leur équipe sur la place qu'un élu de la commune a dressé une barricade sur la rue principale (JA)
C'est pour empêcher que les Brésiliens fêtent la victoire de leur équipe sur la place qu'un élu de la commune a dressé une barricade sur la rue principale (JA)

Un gendarme blessé de trois coups de couteau, trois habitants intoxiqués par du gaz lacrymogène, un élu dressant une barricade en pleine rue... Voilà le bilan du week-end dans la commune.

La fête qui devait se dérouler samedi, à Saint-Georges de l'Oyapock, après le match du Brésil contre le Chili, a tourné à l'affrontement entre des supporters brésiliens, des habitants de la localité, un élu municipal et les forces de l'ordre.
Un gendarme mobile a été blessé de trois coups de couteau à l'épaule et au thorax. Comme les militaires ont utilisé du gaz lacrymogène pour échapper aux assaillants, trois habitants ont été intoxiqués et transportés à l'hôpital.
Antoine réside à quelques mètres de l'endroit où s'est déroulée la bataille. « C'était la guerre. Il y avait un conseiller municipal qui avait monté une barricade au milieu de la rue Henry-Sébéloué, en face de la mairie. Une véritable forteresse composée de barrières et de poubelles pour empêcher les supporters brésiliens de manifester la victoire de leur équipe en passant avec leur voiture et leur drapeau autour de la place » , explique-t-il.
Mais pourquoi l'élu avait-il monté une barricade ? « C'est pour une histoire de drapeau et de patriotisme » , confie Antoine. « Lors du dernier match du Brésil contre le Cameroun, des supporters avaient manifesté sur la place et ils avaient volé le drapeau bleu-blanc-rouge du fronton de la mairie. Nous avons entendu dire qu'ils avaient brûlé le drapeau qui n'a jamais été retrouvé. C'est pourquoi certains membres du conseil municipal de Saint-Georges, mécontents que des supporters brésiliens aient profané le drapeau français, ont décidé d'interdire la fête des Brésiliens dans la commune. C'est donc symboliquement que l'élu avait placé le barrage dans la rue devant la mairie » , souligne l'Oyapockois.
LES GENDARMES ENCERCLÉS PAR LES SUPPORTERS
Arrivés sur place, les quatre gendarmes ont tout de suite vu que cette barricade n'allait pas arranger la situation. Ils ont demandé à l'élu de dégager la voie, ce qu'il a refusé. Le ton est monté. Les gendarmes ont été encerclés tandis que des bagarres ont éclaté entre les soutiens de l'élu et les supporters. Un des gendarmes, qui essayait de faire revenir le calme, a pris trois coups de couteau. Pour dégager leur collège du combat, les militaires ont fait usage de gaz lacrymogène. Le blessé par arme blanche a été héliporté au centre hospitalier de Cayenne et les trois habitants intoxiqués par le gaz lacrymogène ont été évacués par les pompiers.
Interrogé hier, sur les faits, Didier Bernard, sous-préfet de Saint-Laurent du Maroni, a apporté son soutien aux victimes : « Je pense que l'élu a voulu bien faire. Je pense aussi que les gendarmes ont eu raison d'intervenir. Il faudra anticiper la communication avec les élus pour les prochaines rencontres de l'équipe du Brésil. Le gendarme est sorti de l'hôpital ce matin [dimanche] avec 10 jours d'interruption temporaire de travail et une enquête a été ouverte pour identifier l'auteur des faits afin de le traduire devant la justice. »
(Bernard Dordonne)
(Bernard Dordonne)

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