À Kourou, les supporteurs allemands ont laissé éclater leur joie après le coup de sifflet final.
À Kourou, la tension est retombée parmi les nombreux supporteurs allemands après le but de Götze, à sept minutes de la fin des prolongations. « Il a fallu que nous attendions très longtemps avant d'être rassurés » , lance Marcel Unger, l'un d'eux. Sa femme Claudia lui saute au cou : « Je suis heureuse pour mon mari et fière de son pays. Si j'ai supporté l'Allemagne, c'est surtout pour lui. Moi, je suis italienne » .
Bernhard Graw nous l'avait dit. Ce match était placé sous les meilleurs auspices. Pas de rivalité au pôle culturel entre supporteurs argentins et allemands. « Que le meilleur gagne! De toute façon, nous défilerons ensemble dans les rues de Kourou. »
Les organisateurs avaient bien fait les choses en représentant l'affrontement final avec trois miss. La reine, brésilienne, représentait le pays organisateur malheureux mais digne, et dont tous les observateurs ont souligné la qualité de l'accueil. Il y avait également Miss Argentine et Miss Allemagne, dont on ne savait pas laquelle allait sortir victorieuse. On connaît la suite, pendant que des bières « certifiées d'origine allemande » et des « wurtz » s'accumulaient dans les estomacs. L'Allemagne, pour tous les spectateurs, fait un beau champion du monde et surtout pour Bernard Graw, Hartmut Schonske, Klaus Frank ou encore Marcel Unger, qui expliquent ce triomphe par « l'avènement d'un groupe présent au plus haut niveau depuis plusieurs années dans les compétitions internationales, l'obstination d'un entraîneur tourné vers le jeu offensif et la qualité d'un championnat national qui sait garder les meilleurs joueurs au pays. » Une recette que chercheront sans doute à copier de nombreuses nations. En attendant, ce sont les Allemands qui sont partis faire la fête dans les rues kourouciennes.
À Oiapoque, un dimanche comme un autre
À Oiapoque, un dimanche comme un autre
• (D.L)
À Oiapoque, dimanche, les rues sont aussi désertes qu'un autre dimanche. Ni plus, ni moins. Les terrasses qui diffusent le match ont encore des piles de chaises en réserve. Les drapeaux brésiliens qui pendent des toits ont l'air d'une mauvaise blague. Aujourd'hui, il faut choisir entre le bourreau et l'ennemi juré. L'Allemagne les a humiliés en quarts de finale, tandis que l'Argentine est le rival footballistique héréditaire depuis l'époque de Maradona.
Les Argentins recueillent tout de même quelques faveurs timides. Les occasions sont saluées par des exclamations, qui retombent presque aussitôt, chaque fois le but manqué.
L'ambiance est plutôt à la rigolade. Chaque fois qu'un joueur est pris à simuler une chute, le geste est reproduit et longuement commenté. Les bouteilles de Schin vides s'empilent sur les tables. Aussitôt le match terminé, la technobrega recommence à jouer aux terrasses des cafés, refermant une parenthèse que les Brésiliens préféreraient oublier.
D. L.
Édition spéciale : Rétro 2025
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